‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 172 sur 332 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Voila le chaos où Pien-e-le^rand veut rétahlü’ l’ordi’e, et d’où il vient de sortir, pour l'ecueillir les lumières dont il doit enfin l’éclairer. Qu’y avait-il donc, dans toute cette confusion do^ préjugés et de. mœurs, à ménager et à respecter : surtout lorsque ces aveugles s’obstinant, il fallait que ce giand œuvre de régénération s’accomplît pendant la compte existence d’un homme? Comme j tout tenait à lui seul, il y, avait hâte; il fallait brusquer tous les cbangemçns ; et, comme Vla- ^ dimir-le-Grand , jeter tout à coilp K l’,^au le dieu • |)arbare, pour lui substituer *sur-l(vchamp Ir Dieu*' de la civilisation.

‘ Et puis , en bmsquant ou Aui'prendra ; ce (juf * est une manière de jilétqi’mioer. '

On ne sait, d’ailleurs, pas assez quelle* foüle^ d^attentats. contre la vie du réfoniiateur, iryitèreut sa volonté dcspoliipie et sa férocité naturelle. C’est * tantôt le glaive de la révolte qu’il fiiit ou qu’il Wjse ; tantôt le poison préparé , dit-on , par la^ maiit d’ùiie spe’ur; plui^lard, le poigpa^d\l’un Raskobiidv

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tombe à ses pieds , au moment où l’assassin allait s’en servir.

Les strélitz surtout , tpii voient les régimens disciplinés à l’européenne prendre leur place, se sont déclarés. Plusieurs fois l’enfance et la jeunesse de Pierre leur ont échappé; déjà même, dans l’horreur ([ue leur a inspirée l’annonce de son départ pour l’Europe profane, ils ont voulu immoler un czar impie, prêt à se souiller par l’attouchement sacrilège de ces étrangers cpi’ils abhorrent.

Ils voient au milieu d’eux douze mille hérétiques , déjà organisés , qui resteront maîtres de leur ville sainte ; tandis qu’eux , exilés dans l’armée, sont destinés à combatti’e au loin sur la frontière ' . pjt ce n’est pas là leur seul grief ; car, soit nécessité, soit que le génie si jeune et si fort de Pierre-le- Grand ait voulu trop et trop tôt , ils l’acc-usent encore de cette création subite d’une Hotte de cent . bâtimens de guerre, ({u’il vient d’ordonner; impôi insupportable au milieu d’une guerre déjà ruineuse, et cpii nécessite l’introduction sur leur terre sacree , d’une nouvelle foule de ces ouvriers schismatiques qu’bn leur préfère.

Ces strélitz , comme tous les mécontens , croient donc à im mécontentement -général ; voilà pouiv " tpioi dans Moscou même , peu de jours avant le départ de leur souverain , Tsikier et Soukanin ,

' y. Pçrry., Stfphliiij ptc. , etc.

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