CHAPITRE IL
de sa sœur, jusqu’à ce qu’il tombe en pourriture aux jeux et aux pieds de cette ambitieuse.
Enfin, découragée, cette régente renonce au monde pour le cloître , à son nom pour celui de Marpha, et meurt en 1704.
Les étrangers, que tant de rigueurs pi’éservaient, en eurent horreur; ils voulaient une justice, et non une vengeance.
Aussi , Pierre-le-Grand ne profite l’éellemenf, à leurs jeux , de sa victoire , que loi’S({u’il casse et dispei’se l’armée barbare, et achève l’institution de l’armée civilisée , qu’il habille à l’allemande.
C’est ainsi qu’après s’être assuré du pouvoir par la terrem' et par la discipline , il commence sa réforme par l’extérieur; sachant bien que, pour ces gens grossiers , le fond tient de près à la forme ; qu’il ne poui’ra leur faire oublier leurs anciennes mœurs tant qiie ces vêtemens et ces barbes gothiques et tatares , livrées de leur barbarie , les leur rappelleront; qu’il faut leur ôter cette robe asiatitjue , invariable dans sa forme comme les mœurs , comme l’ignortmce de la paresseuse et stagnante Asie; .gette conformité qui les j rattache, et cpd établit mie diliërence si maixjuante, une séparation, un obstacle de plus, entre le Russe et l'Européen.
, Il juge donc qu’à ce vêtement , d’ailleurs peu propre à l’art de la guerre moderne et à la pratique de plusieurs autres arts, il faut substituer l’habit emqpéen , de forme variable , dqnt la coupe exige
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J^IVRE VIII
' pliis d habileté et parait plus favorable à l’activité d un peuple toujours en mouvement vers le perfectionnement de toutes choses ; il veut enfin établir ce i-approchement tpii doit en amener d’autres , ce rapport le plus visible et fi’appant de tous , entre son peuple et ceux qu’il veut lui donner pour moflèles.
C est un combat de mœurs qu’il commence ; combat le plus long, le plus dangereux, le plus acharné de tous. Dans cette grande lutte, où il est seul contre tout mi peuple, il ne peut rieti négliger j et c est déjà un moyen de succès tpie de substituer, aux vétemens de la barbarie, l’unifonne de la civilisation.
C’est encore pourquoi , après avoir ainsi changé les dehors, il changera les titres, les mets, toutes les habitudes sociales. Les noms de Ixjyards , d’okolnitchie^ de dqumnié-diaki , seront relégués avec le» robes Utares et les barbes gothiques. Pierre, leur substituera les titres de présidens, de conseillers, de sénateurs; il veut rattacher sa nadou aux nations civilisées, par la vue, par l’ouïe, par le goût , par tous les sens ; sachant mieux que ses criti(fues , que c’est d’abord par là <p’il faut s’attatpier à un peuple grossier; (pi’il ne pomra vaincre ses habitudes que par d’autres habitudes; tjue. la représentation materielle renversée , la pensé(ï ou les moeurs qu elle rappeJait , seront bientôt oubliées et remplacées par d’autres. '
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