‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 179 sur 332 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

iiiture de l’optif ou de ia poule , si simple eu aj^areuce , mais avec laquelle le bou Plutarrpie disait , quon pou^mil remuer toute la vaste êt pesante mefichine de la création du monde. Pierre veut que la Russie se couforme, ainsi tpie le reste de l’Europe, à l’ordre du sabéisme, qui , sans être le fond d’une religion toute morale et spirituelle, en a pu du moins régler la fonne. 11 ordonne donc cpie le premier jour de l’an date de janvier, de la i-enaissance ou du retour du soleil.

L introduction du tabac , dont les prêtres avaient anathématisé l’usage, avait été l’une des principales causes de la révolte des strélite. Pierre-le- Graiid persévère dans cette innovation. Le monopole de ce commerce vendu aux Anglais, avait sei-A-i à le défrayer de son voyage, et à attirer dans son pays ces étrangers industrieux. Ce nouvel usage effacera d’ailleurs un préjugé superstitieux, obstacle de plus entre ses sujets qu’il voulait rendre marins, et tous les marins de l’Europe-

Mais les czars et les prêtres, justpie-là toujours d’accord et puissans l’un par l’autre, avaient rattaché à la religion la plupart de ces usages. Les prêtres en prennent la défense; et c’est alors que Pierre les attaque par le ridicule; il parodie, avec la jeunesse qui le- suit, leurs coutumes bizarres, intéressées , ou superstitieuses ; il les impose comme ses autres sujets ; un ukase défend les vœux avant l’âge de cinquante an.s, âge où tous les liens avec

le monde sont ou formés , ou rompus. Pierre, en diminuant ainsi le nombre des couvens , augmente celui de, ses sujets, ses revenus et son domaine. Puis^, comme ces prêtres persévèrent et qu’ils remuent tous les eiprits, il çe remplacera point leur patriarche mort, ou plutôt il joindra cette tiare à sa^prônne, en créant à la place du chef de l’Église un synode , qui lui jure obéissance.

Toutefois, il marchera dans cette voie toujours cpinense , graduellement , en fondateur. Ce ne sera ' qu’après yingt ans de délais, pour la réélection d’un nouveau patriarche, qu’il annoncera l’abolition de cette dignité, et seulement après la paix de Nystadt; quand le ciel se sera déclaré pour lui aux yeux de cette foule, pour qui tout succès ou revex's làençd’en haut , et qui croit toujours Dieu du psp^ plus fort. ( I 4

^ Coup d’àntorité bien étonnant pour des yeux catholiques , mais qui surprendra»moiçs, cpiand on se souviendrà^que les Grands-princes russes avaient ‘ été fondat'èurs, apôtres, martyrs et saints de la rebgion* jpreâque en Russie; qu’ils 'devaient donc êtrp» cônsidérés par lés Ru&^s , comme les chefs* d’une religfbn lo'qd^, consex^'ée, sanctifiée par flWx; et que* bien plus, dans leur grossière ignqrance, ces peuples, abrutis par toutes sortes d’es-'* clav&ges, confondaient, 'n peu de*choseprès. Dieu et le czar dans leur vénération, **•* j

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