‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 193 sur 332 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

la forme des contrats, où, jusque-là, les parties notaient le plus souvent dësi{»nées que par des sobriquets. Il institue des collèges ; fonde des manufactures de draps ; l’activité de son génie c{ui embrasse tout , s’efforce de naturaliser en Russie les bétes à laine de la Saxe ; il appelle encore du fond de l’Espagne des vignerons; enfin, il attire de toutes parts des artistes, des forgerons, des artisans de toute espèce, et affranchit ainsi son empire, jusque-là tributaire de l’Europe pour ses moindres ; instrumens métalliques.

Charles n’est pas moins actif; tous deux sont également tenaces , mais avec deux buts tout opposés, l’un d’utilité, l’autre de vaine gloire; de sorte que les efforts, qui fortifient l’un , épuisent l’autre.

Le premier, paraissant ignorer qu’un chef risque autant à être méprisant que méprisé, parcourt, pendant huit ans, la Pologne et la Saxe où il n’a , que faire , tandis qu’il laisse à des lieutenans , le soin de défendre ses propres Éuts, ces ports de ringrie et de la Carélie, où tendent tous les efforts de Pierre-le-Grand. 11 marche en homme tpii dédaigne son ennemi; l’autre, en homme qui l’estime , l’observe , exerçant les siens aux lumières nouvelles pour eux , qui jaillissent des armes de son rival, et s’essayant, aux dépens de ce maitre de guerre, à profiter des leçons cpj’il en reçoit.

Aussi , dès les piemières années , Scheremetef , Mentzikof et Pien-e lui-même , sont plusieurs fois.

36o LIVRE IX. — CHAPITRE I.

. vainqueurs. Dei-pt et Narva sont pi'ises presque à la fois, et de la main du czar, cpd' court de l’une . à'I’autre, dirigeant les travaux du gcnife et de l’artillerie. Au sac de Narva, ce n’est qu’en perçant plusieurs de ses propres soldats de son ëpée , qu’il est parvenu à arracher cette ville a leur emportement. Mais lui-mème n’a pu contenir le sien. A la vue du comte de Horn , commandant de la ville , qu’on lui amène prisonnier, il s’élance , le fi’appe' au visage , et s’écrie : O’esl loi , toi seul qui es cause de tant de malheurs? Ne devais-tu pas te rendre , Hlant sans espoir de secours '? Puis jetant son opée SU!' une table : Vois ce sang, ajoute-t-il, il Il est pas suédois , il est russe j celte épée a sauvé

- . les malheureux habitons de celle ville que ton entêtement avait sacrifiés. i

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