CHAPITRE V
(|ueur fpii lui a rendu la Baltique , et l’empire dissous par la discorde , abattu par les Tatars, recommence en lui.
En iSaS, une nouvelle contpiête de cette Newa sur d’autres Suédois , et la fondation de Schlusselboiu’g par loury, attache Novgorod à ce premier Grand-prince de Moscou; et c’est de cette réunion de Novgorod à Moscou que date le principe de la concentration du pouvoir dans cette branche des Riu’ick , celui de l’alTranchissement de la Russie , et le gi’and et second éclat de gloire qu’elle a jeté sous sa première dynastie.
Enfin, en r^oS, c’est encore la conquête définitive de ce même fleuve sur cette même Suède, et' la transformation de ses marais, berceau de l’empire, en capitale de guerre et de commerce, qui assm'ent à la Russie sa civilisation , et à Pierre-le- Grand sa renommée.
Et cependant tout lui aura été obstacle, mais il aura tout surmonté. A-t-il voulu attirer sur la Baltifpie le commerce du centre de la Russie qui va se perdre vers Archangel ? On est resté sourd à ses conseils. APétersbourg cependant, les marchands russes jouiront de plusieurs privilèges : un climat plus doux , y permettra deux chargemens annuels , tandis qu’à Archangel les glaces n’en tolèrent qu’wi seul ; ce sera enfin une mei' plus douce , un meilleur port, de moindres droits, une bien moindre
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distance, une aninencc d’acquëreurs étrangers bien plus eonsidéraljle; mais rien ne touche ses opiniâtres sujets, et peut-cti'e iraient-ils encore se morfondre sur la mer ■lilanche , si Pierre, en 1722, n’eùt inteixlit ec port aux maichands des autres provinces de l’empire. Il les tyrannisait pour leurs intérêts , comme des enfans aveugles et rebelles à (jui l’on fait du bien malgré eux , et avec tpii , en attendant l’âge de raison, il faut bien employer la rigueur.
Désormais , comm(;nt la révolte ou la désobéissance , comment même l’ignorance et la paresse lui éehapperaient-elles ? Non content de s’être fait de tous les états, c’est de sa propre main qu’il entraîne après lui , dans ces. voies nouvelles , ses sujets qu’il force à le seconder. Ils ne répéteront plus cpie Dieu ett bien haut et le tzar bien loin : plus prampt encore que tous ces grands hommes, toujours si fameux par leur célérité, il semble aux sujets de Pierre que leur tzar est partout à la fois.
Dans l’instant où ils croient enchaîné dans Moscou, par. ses travaux, ce législateur, ce réformateur, de mœurs , ce fondateur de maisons de travail pour la mendicité , >d’établis$emens d’instruction pi^lique , d’écoles d’artillerie , de génie , de mathématique», enfin , de manufactures de toute espèce, depuis l’épingle jusqu’au canon ; ils le voient paraître, soudainement, à cent* (juatre-viugts lieues