‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 215 sur 332 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Soyons, aussi, moins étonnés de l’accroissement de ses revenus , après l’avoir vu soumettre le clergé aux impôts comme les laïc|ues, éteiudrf; uue foule de monastères en défendant les vœux avant cincpiante ans , et réunir leurs biens au domaine , agrandi par des confiscations , par le retour axi trésor de l’apanage de son frère Iwan , et par ses conquêtes sur les Suédois.

Remarquons en même temps cpi’il a ouvert ses Etats au commerce étranger, et aux trésors de l’Europe , tpii sont venus s’y échanger contre tant de matières premières jadis inei’tes j apprécions l’augmeutatiou de revenus (pii eu résulta, et la po.ssibilité d’exiger en espèces uue foule de taxes jus(pie-lîi p(;rçues eu nature. •

C’est ainsi (pi’il a substitué un impôt ii ces fournitures de vivres si lointaines , et (pi écrasaient ses peuples : cet argent sert à solder des fournisseurs. 11 est vrai (pie les grands se sont alors cachés derrière ces traitans pour s’engraisser du sang des peuples; mais, enfin, Pierre les a aperçus, le mal s’est découvert par son excès , il a grandi justp’aux yeux du Tzar. C’est alors (p’il.a créé des commissions d’empête, tp’il y a passé des joui’nées entières, et qu’on l’a vu pendant plusiem’s années, les yeux toujours ouverts , faire rendre gorge à ces grands prévaricateurs par des amendes, par des confiscations , et les punir p£p' le knout , la corde et la hache.

*4oo * , LIVRE IX.

A cette surveillance du chef, qu’une guerre plus concentrée lui permit depuis 17 1 5, ajoutons l’augmentation du traitement des collecteurs; ce (pii lem’ ôta tout prétexte de prévarication. N’oublions' pas que la plus grande partie des appointemens était acquittée en nature; <pie pendant plusieurs années, la guerre, portée hoi-s de l’empire, dut alimenter la guerre. Observons <pie les villes et les provinces, où les l’égimens lurent ensuite cantonnés, les, payèrent sur place, ce qui épargna des frais d’escompte, et qu’elles les nourrirent par des mesures (pii paraissent avoir été municipales, c’està-dire les moins oppi'essives possible. Remarquons enfin, en 1721 , la substitution, à l’impôt tatar par maison , de l’impôt par tête , véritable impôt foncier, basé sur un dénombrement renouvelé tous , les vingt ans, et (pie les (niltrvateui’s répartissent ^ entre eux suivant la valeur de lem- culture.

En même temps, le ixiformateur a su refuser aux étrangers le droit de trafiipier entre eux en Russie; il a même voulu (pie ses sujets eussent exclusive- ‘ ment le privilège de transporter jusipi’aux frontières de l’empire, leurs marchandises achetées par des étrangers dans l’intérieur des terres. Ainsi, les * frais de transport tournèrent à l’avantage des siens.

En 1716, il aima mieux renoncer à une alliance avantageuse avec, les Anglais , (pie de se dessaisir -» de ce droit en leur faveur. '

‘ y. Mitnstfin.

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