‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 22 sur 332 · LIVRE I. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE VI

mitres Nonnaiids, n’avait été qu’une espèce de féodalité, ou plutôt un gouvernement militaire, celui d’une armée barbare, gimssièrement disciplinée , établie au milieu de ses concpiêtes : aussi , chefs et soldats voulaient-ils toujours conquérir.

Quand Igor vieilli voulut se reposer, scs compagnons ou Fidèles , sa garde enfin selon les annalistes , le forcèrent à la guerre. Leur luxe grossier ne les retenait pas ; les chefs avaient des gouvernemens ou plutôt des cantonnemens à acipiérir', et tous ces aventuriers, un butin et des tributs dont ils enrichissaient le magasin du prince, ou celui des chefs secoiuLaires aux frais desquels ils vivaient.

D’après les plaintes des guerriem de cet Igor, il parait que les princes misses , comme les princes gennains , entretenaient d’habits , d’ai mes , de chevaux et de vivres, leurs Fidèles. Nous sommes mis, disaient au prince Igor ses compagnons et ses gardes, tandis que les compagnons de Sweneld ont de belles armes et de beaux habits, t'^iens as’ec nous lever des impôts, afin que nous soyons avec toi dans V abondance, ’

' La chronique dit du prince «le Polotsk : Il tint d’au-delù le» mers aveC Rurick, et eut Polotsk sous sa domination. Uurick soumet Novgoi-od, et distribue les villes qui dé|iendaiiMit de cette républifpic à ses chefs de guerre. Rurick donne la ville ilTs«-hora à sa femme F.fanda, que quelques uns disent être soenr d’Olcg : les Ouglitch et leurs tributs furent donnés à leur conquérant le voiévode Sweneld.

’ V. Karamsin, vol. I, page içp.

Il* ÉIllT.

Chaque année , le Grand-prince partait ainsi de Kief en novembre, avec une armée, pour ne revenir cpi’en avril , après avoir visité ses villes et perçu leurs impôts. Lorsque le magasin du prince était épuisé , et (juand le tribut annuel ne suflisait pas , il fallait nécessairement trouver d’autres ennemis pour imposer d’autres tributs ‘ , ou bien traiter en ennemies les peuplades soumises; ce (pji arriva à Igor avec les Di'ewliens qui poussés à bout, le massacrèrent, ainsi que toute sa garde. Ce barliare u’avait appelé à son aide aucun de ses voiévodes ou licutenaus , pour ne pas être forcé de partager avec eux le fruit de ses extorsions.

Celte vassalité sans fiefs, semldable îi celle des anciens Germains, forçait doue sans cesse à de nouvelles coiupiétes. Comme l’empire s’agi-audissait , le prince déléguait h tel chef telle circonscription, avec charge d’entretenir les guerriers (jui s’attachaient h lui.

Ces corps d’armées cantonnés dans ce pays coiiipiis ne vivaient que de tributs, ne (piittaieut point leurs armes, et contenaient par leur présence, ou par des apparitions périoditpies , les provinces contpiises. C’est -ce qui fit que le tribut de Byzance, sous Igor, fut réparti dans des villes où étaient des ducs. Voye* Constantin Porphyrogénète pro-

■ 6’est pourtpifti les Fidèles d’Igor, ou sa garde , le forcèrent deux fois de marcher contre Byzance, et deux fois contre les Divwliens.

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