‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 232 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pour c«^lébrer, dans un festin, le départ de sou père.

Enfin , sept mois après ce mensonge , le 27 août 1716, et de Copenhague, PieiTC a ordonné à son fils de se décider : il faut qu’il vienne sur-lechamp le joindre à son armée , ou qu’il fixe le jour de sa renonciation au monde.

La réponse du Tzai-évyltz a été un nouveau mensonge. Il a feint d’obéir à l’appel de son père , et il a lui chez le^ nations étrangères.

Ici , le Tzar déclare sans déguisement aui^-ands de son empire, comment il a fait revenir' près de^ lui ce fils rebelle; sa grâce promise, puis retirée ou devenue conditionnelle ; les interrogatoires qu’il lui a fait subir, les aveux obtenus. II termine enfin en livrant ce coupable à leur justice.

Le prince comparaît devant eux ; il avoue cpi’il a toujours et volontairement femé ses yeux aux nouvelles lumières ; que souvent il a détruit sa santé par des remèdes inutiles pour se donner un prétexte de rester dans l’oisiveté ; tpie meme un jour, pi'essé par son père , il est encore convenu qu’il s’était regardé comme l’espérance des vieux Russes et du petit peuple.

Des témoins l’ont . entendu s’écrier: « Que, s’il « en trouvait l’occasion pendant l’absence du Tzar,

(( il dirait un mot aux archevêques, qui le redii'aienl « aux popes, et les popes h lerrr’s pamissiens, et « qu’on le ferait régner, même raalgr-é lui ! Qu’a-

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« lors on verrait bien que Pétersbourg, et cetUï « marine (ju’il avait en horreur, ne resteraient pas « long-temps aux Russes. » ,

Quant k ceux qui l’avaient rattaché à la civilisation par son mariage , « c’étaient , avait-il dit , des « infâmes qui lui avaient lié au cou une femme dia- « bolique ! un joui' il ferait planter leurs têtes sur « un poteau. » Et, quant à sa désertion, il a voulu , dit-il, éviter le cloître, quoicpie ses conseillers lui eussen^t , « qu’il pouvait écrire aujtant de renon- « ciatfïns au trône cpi’il lui plairait ! que même des (( vœux monastitpies étaient de ces contrats de « Ijonucs gens des temps passés ! qu’on ne clouait (( pas le froc sur la tête 1 «

Lui -même enfin ajoute, qu’ayant pi-éféré la fiiite , il a écrit de son reftige au sénat et aux archevêques , et s’est tenu pi-êt , non seulement à succéder de gré ou de force k son père, dont il souhaitait la mort, mais k profiter, de son vivant même, d’une l’évolte impatiemment désirée, pour le précipiter du trône.

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