CHAPITRE II
Schaflirof et Mentzikof ont rapporté que, présens à cette réponse, ils en pâlirent, et tpi’ils hIt laient s’indigner de tant de hardiesse , tpiand Pierre les regai'dant leur dit : Son zèle est pur et sincère : plut à Dieu que ceux qui me servent en eussent un pareil; puis faisant apporter du -vin ; Bassewitz , ajouta-t-il , buvons à votre maître, et bientôt je saurai vous forcer à ne pas vous plaindre de me l'avoir confié.
En elfet, trois ans plus tard, en 1724, les droits éventuels de ce duc de Ilolstcin au trône de Suède, appuyés par la Russie, furent reconnus; le Danemarck fut forcé de lui rendre ses Etats; enlin, Anne, seconde fille de Pien-e-le-Grand, épousa ce neveu de Charles XII.
C’est ainsi , qu’après une lutte sanglante de vingt et un ans , le sang de ces deux gi-ands rivaux se confondit pour couler dans les veines de Pien’C III , et c’est grâce à cette alliance , que les Russes d’aujouixi’hui voient sur leur trône les rejetons de deux des plus grands hommes que le Nord ait jamais produits.
Mais entre tant d’autres témoignages d’équité et de modération, les contemporains de cet homme extraordinaire ont encore cité Rreveru. C’était un conseiller de la ville de Riga, conquête de Pierre; le prince, trompé par l’un des siens, en réclamait la possession d’un lac (ju’il croyait appartenir à sou domaine. Déjà les conseillers de celle ville elfrayés.
46o LIVRE XI. — CHAPITRE II. • cédaient , quand Brevem , s’élevant haixliment conti'e cette pretention du souverain , en démontre l’injustice, et décide ses collègues k s’y opposer. A la prompte nouvelle de ce refus, Pierre, loin de s’irriter , en pèse les motifs , et en ayant reconnu 1 équité , il loue hautement le courage de ce Livonien, l’en récompense par le don de la noblesse, et pour que sa vertu profite à ses compatriotes , il le nomme en même temps vice-président du collége de justice pour les provinces conquises.