‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 250 sur 332 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ce ([iii peut contribuer au perfectionnemcut de scs peuples, il veut que ce pj>rc soit transformé en un jardin d’instruction. Ses arbres seront taillés en figiu-es d’animaux ; bientôt , il y joindra soixante groupes de ces mêmes figures en plomb doré et de gi-andeur naturelle ; ils représenteront les fables d’Ésope , avec leur explication en langue russe gi'avée auprès sur des feuilles de fer.

Voilà comme, partout, ses soins paternels portent sur les mointh’es détails; en coiK|uén»nt la Finlande, il s’est aperçti que la santé des peuples de cette province souffrait de leur insouciance pour leur chaussure; et, aussitôt, il leur envoie des Russes pour leur apprendre l’art d’en fabri* (pjer de plus satines avec l’écorce de leurs bouleaux. U fait plus , et pom- hâter cette amélioration , sa généreuse pitié charge leurs piètres de distribuer des primes d’encour^emcnt à ceux qui s’y perfectionneront le plus vite.

Écoutez-le entcore , n’e«t-ce pas de cette même voix , dont il vient de foudroyer inexoï'ablement dans son fils la barbarie moscovite, qu’il appelle, avec douceur dans ses cabinets d’anatomie et d’histoire naturelle, la ciuûosité de ses sujets? Il veut • même que ses serviteurs les y attirent par toutes sortes de complaisances, et en leur offrant gratis les meilleurs rafraîchissemens.

C’est enfin ce même prince, qui naguère se promenait froidement au ti'avcrs de cimpianU* écha-

fauds dégoutlans du sang de cinquante prêtres de l’ignorance et de la barbarie : c’est lui tpie ses officiers ont vu près du lit de de Weydt , son maréchal de cour, l’entourant de ses plus habiles médecins , leur recommandant « de lui conserver ce serv'iteur, « ce général , le meilleur de tout son empire » ; et non seulement lui sauvant la vie par ses soins, mais l’enrichissant ensuite par le don d’une terre de soixante mille francs de rentes. C’est encore ce tzar, ailleure si terrible, cju’ils nous représentent, accompagnant , pendant plusieurs vverstes, la tête découverte, une torche à la naain et dans une aflliction profonde, tantôt le convoi d’Areskins, son médecin, tantôt ceux de deux Anglais morts, l’un contre-amiral de ses flottes, l’atitrc son interprète.

Mais que notre complaisance se pi'ête quehpies instans de plus k l’admiration des siens, et ils nous enb’aînei’ont encore, k la suite du grand homme , dans ces manufactui'es , ou plutôt dans ces nombreuses écoles d’industrie fondées par ses soins.

même , enseignent leurs arts k une foule de jeunes

le même homme? comment ce regai-d si féroce, .. quand il contemple le supplice des ennemis ' de *

en visiter, avec tant d’assiduité, les bienfaisans et utiles établissemens? Voyez comme chacpie jour il y .suiTcille les pi-dgi-ès dè rinstruction deses 'Sujets^

C’est Ik cpie d’habiles étrangers, choisis par lui-

Russes fpi’il y entretient k ses frais. Est-ce donc ici

ces arts, devient-il si bienveillant cpiand il vient

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