LIVRE XI. - CHAPITRE VII
faiblesse, qu’à son avènement l’empire était à la merci, non seulement de ses ennemis d’Europe, mais même des sauvages nomades de la stagnante Asie.
Aussi, Pierre s’est-il délié de ses successeurs, sentant bien qu’après lui, comme après son père,
- -tontes les vieilles coutumes réagiraient. Ce serait donc en vain (ju’il aurait redressé vers la lumière cet arbre des ténèbres, depuis si long-temps courbé vers cette barbare Asie. Il fallait donc le trancher au vif, poiir enter sur ce vieux et infonne tronc une foule de greffes européennes, et diriger vers la , civilisation leurs rejetons nouveaux et flexibles.
C’est pourquoi l’on vient de voir , qu avant et ’ depuis ce code militaire , justice , administration , capitale , intérêts , mœurs , usages , habitudes , et
• jusqu’aux noms et aux habits, il a tout change. \ Pierre a voulu laisser après lui l’autorité à lU»
’ <»rand nombre d’hommes de tout rang et de toute ■’esp’ce, engagés et compromis dans la civilisation
par leurs actes, leurs habitudes, leurs titres et même leurs vêtemens. Ajoutons surtout a cela, deux
• régimens des gardes, cintpianted infanterie, trente de dragons , quehpies uns de hussards , soixantesept de garnison , et six de milice, répartis dans des
• . quartiers pennanens. Foroiidable ensemble de plus • de deux cent mille hommes, oi'ganisés, instruits, les
mieux disciplinés de l’Europe, etdéfenseui's de toute ccttCï rég^n^f^tion, inoins cncoiHî contre ses eimeiiiis étrangers, 'que contre ses ennemis domestiques.
LIVUE DOUZTÈME.