‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 27 sur 332 · LIVRE I. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE VII

qu’offraient les Allemands , à cause de son pape , dieu terrestre, tpii lui a paru une chose inouie; le judaïsme , parce qu’il était sans patrie , et qu’il ne paraissait ni sensé de prendre conseil de vagabonds punis par le ciel , ni tentant de partager leur punition.

Mais en même temps la religion grecque,' , qu’avait pratiquée son aïeule Olga, et cpie vint lui prêcher un philosophe de Byzance , fixe son attention ; il rassemble son conseil , prend l’avis de ses Boyards , des anciens du peuple , et en envoie dix examiner au loin ces religions jusque dans leurs temples.

Jusque-là, malgré leur Beli-Bog et leur Tchefno-Bog (dieu blanc et dieu noir), et ce qu’ils avaient, dû recueillir des zélateurs de Zoroastre et d’Odin , on assure que les Slaves n’avaient pas même songé à l’existence et h la lutte perpétuelle d’un bon et d’un mauvais principe ; ces païens , avec d’autres

dénominations , avaient une mythologie semblable

' Le schisme grec commença en 85y, qnand le patriarche Pb»tius e^conununia le pape INïcolas 1", parce que l’Église de Home ordonnait qu’on jeûnât le samedi, qu’elle permettait de manger du laitage en carême, qu’elle retranchait la première .semaine de ce temps de macération, défendait le mariage aux prêtres, leur permettait de se raser la barbe, et enfin pi'étendait que le Saint- Esprit procédait non seulement du père, mais encore du fils. .Les autres difiercnces consistaient dans la communion sdu5,les /Icu» espèces, dans le ha])tême par immersion, tt en ce que la liturgie et tout l’office grec se font en langue vulgaire. *

à toutes les autres ; c’est-à-dii'e qu’ils avaient divi-

• nisé leurs passions , jusqu’à lexu’s goûts et tous les

• principaux objets de leurs craintes et de leurs espérances.

Cependant, les envoyés du Grand-prince, honnnes simples, partent et reviennent; ils n.’ont aperçu le mahométisme et le catholicisme que dans des provinces pauvres et barbares , tandis qu’ils ont vu la ' religion grecrpie dans sa magnifique métropole , et parée de toutes ses pompes ; ils n’ont point hésité. Aussitôt Vladimir convaincu , est allé conquérir des prêtres et des reliques dans Cherson; puis, par ses menaces , il arrache à l’empire grec une princesse , qu’il épouse en se faisant chrétien.

Quant à ses divinités païennes , tyrannisant le ciel comme la terre, celles qu’il venait de faire toutes d’or et d’engraisser du sang chrétien , il les dépouillé en faveur du Christ, comme des favorites disgraciées : bien plus, il les fait traîner au ' supplice à la queue de ses chevaux; elles sont chargées de coups par ses gardes, et précipitées dans

• le Dnieper.

Le prince qui traite ainsi les dieux de la Russie , u’eii ménagera pas plus les hommes ; il leur a oixlonné de devenir chrétiens à tel joui’, à telle heure : il commande, et des peuples entiers sont poussés comme des troupeaux, et réunis sur le hoixl des fleuves , pour y recevoir le baptême gi’ec.

Üiïe ' foule succède à* ime autre • foule ; chacune

Digiiizr . by Goo^U

Page 1