‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 275 sur 332 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

par le succès de ses grandes vues d’industrie, d’ordre et de commerce; et malheureux dans l’intérieur de son empire , et justfu’au sein de sa famille , par l’opiniâtre opposition , par l’animadvei’sion de ses sujets et de ses proches , ou par leiurs vices.

Aussi , dans cet intérieur impérial , comme dans bien des intérieurs privés, n’eut-il de consolation que par ses filles; soit que la dilférence des sexes, leur penchant réciprocpie , la position si naturellement soumise de l’un à l’égard de l’autre, étal>lisse entre des filles et un père des rapports plus doux; soit que , par une loi de nature , que quelques observateurs, ou profonds, ou seulement ingénieux, croient avoir reconnue, l’esprit et le caractère , ainsi que la figure d’un être , de quelque espèce qu’il soit, tiennent le plus souvent de celui de ses deux auteurs dont son sexe différé.

Quoi qu’il en puisse être , il est certain que , bien dilférentes du fils de Pierre -le -Grand, ses • filles , Anne et Élisabeth , furent dociles à' toutes les inspirations de leur père. La princesse Anne ^surtout, bellje et majestueuse comme son père, avait son jugement vif et prompt, son caractère

• ferme et décidé, et son intrépide présence d’es- 'prit, mais sans sa rudesse sauvage; l’éducation

• avait tout adouci en elle; lui-même l’avait dirigée. Elle, et sa sœur savaient quatre langues étrangères. Quand leur cour était tassemblée chez la princesse Natalie leur tanto, auteur elle-même de la pre-

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