‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 277 sur 332 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Mais à œté de cette consolation intérieure du • '

grand homme, que de douleui-s privées! Une sœur, ■

sa tutrice, usurpatrice de scs droits, meurtrière:".' ’ de sa famille maternelle, assassin de sou enfance*, et de sa jeunesse, et. couspiiatrice obstinée; une^* seconde sœm- complice dé la première; une pre- ' mière épouse ennemie et répudiée; un fils rebelle • . ' , .

qui se plaît à se rendre l’espoir de l’aveugle baine** . * des Moscovites contre son père, et qu’il faut sa«*. '

crifier à la régénération de J’empire. Ce n’est pasrf ’

tout; sept autres enfans, dont encore cinq fils, sa/* •

plus chère espérance, meurent tous en naissant/; ' ' • ,

ou peu après; il ne' lui .en reste pas un seul pour *. t ' •

perpétuer , dans un successem- . formé par lui-^ • . '

même, ses grandes et laborieuses ci-éations.* .«f* . •

D’autre part, ses amis' les.plusçhfers, ses élèves;, ’ .

les compagnons de ses ti'avaux , sont accusés, coit^ ' ■ • ' :

. vaincus.de péculat; il faut qu’il les anache de son cœur ou de ses ^éux, les uns par le mépris', d’autres " .

par l’exil, et plusieurs même -par l’échafaud. Ajon- ' '. , .

tez, d’aveugles sujéts qui lé- ihaudisscnt* dans son’ • but comme dans ses moyens. . À Jîexcéption dê . quelques nationaux, il n’a pour lui, au milieu dé son peuple, cjes' étrangers , et n’obtiènt, dû-’

H* ^iT. ' 33

Oigitized by Giicjglc

5i4 LIVRE XII.

reste, qu’une admiration sans amour et sans reconnaissance.

Enfin , une maladie horrible va terminer sa «rande existence par des supplices peut-être assez atroces poiu- expier les tourmens qu’il fit subir *. aux ennemis de son système.

' Malheurs plus ou moins mérités, comme toutes les infortunes des hommes. Pierre mérita, cette horrible maladie , par une intempérance , mère de .* ces cruelles souffrances qui servent moins à corriger la vie (pi’à en détacher ; l’animadversion de ses sujets , par sa violence despotique , qui trop souvent allait au bien par le mal; la perte de tant . •* d’enfans , par les excès de travaux cpi’il laissa oU fit supporter à leui’mère, au milieu même de ses grossesses ; n’y ayant riai de si fatigant poui- ceux •«qui les entourent, comme pour les nations, tpie .'^•es giiinds hommes toujours si infaligabh».

»..’i Quant à l’inbiiitié dê sa pi-emièi-e femme, elle narpiit , dit-on , de là jalousie rju’inspira à cette princesse le coupable amdnr du Tzar pour Anne de . Moe.ns : sourêh fatale! d’pu vhit ensuite cette ’opi-r .niittre aversion d’nn fils, qu’entrainèrent la fureur d’une mère ié)iudiée , et Ics conseils irrités des • .jweus maternels de- ce malheureux Alexis; puis, tous les ; déchiremens intérieurs qui suivirent : enfin, juscpi’à cette terriblè edtasU'ophe, cet affreux . parricide, qui , vingt ans après , ensanglanta tout son règne! Triste résultat d’une "premièC intidé^

Page 1