CHAPITRE III
tant le germe du mal est fécond, et tant , en dépit des maxiifios relâchées du monde, peut être longue et cruelle la génération d’une seule faute !
Observation dé plus en plus efFrayaûte , quaud après tant de fruits amers , les plus cruels que jamais faute de cette nature ait pu pix)duire , on remarque que pourtant ce germe si funeste n’était point encore épuisé. En effet, après vingt-cinq ans, et par une suite naturelle de ce coupable attiichement, le frère d’Anne de Moens se trouve rapproche du Tzar, et le chambellan de Catherine ; c’est* par lui que la punition sera consommée , quç l’adultère sera puni par l’adultère, et cpie la seconde «épouse de Pierre sacrifiera ce prince, au frère de celle à qui il a sacrifié la première.
Le coup lui sera d’autant plus sensible, que c’est .à l’instant où il aura mis le comble à ses bienfaits, cpi’il sem trahi! Et par (pii ?'^par cètte sei;taùte‘ livonienue manée, en 17103 , à un di-agêiu suédois; iMnêine jour, esclave d’un général russe, et bientôt (fc Mentzikof. En iyoS, maîtresse cachée du Tzar; | sa maîtresse avpiu*e en ijo5,: dont il a fait, en 1707, son époxise' seerôte , et .sa femme déclarée en 1711. Enfin^ pour la(piefte, .en i7i4> il .Créa l’ordre de Sainte- Calïtcrîne ,-^j en ménioirè dé ''cette journée dq Pruth, où, selon l’aveu de ce prince reconnaissant, norr en femjïifi , rnaiÿ én
hnmifle. ■. " * '• ’
C’est pour elle encore, quen 1722, il a renversé l’ordre de succession directe, autpiel la Russie devait son alfianchissement du joug talar; il y a substitué , sous une forme légale, le droit poulie izîir, de se choisir son successeur, de révoquer son choix et d’en faire un nouveau; droit renfermé, comme tous les autres, dans l’autoci-atie , et (nie n’ignorait point Iwan III , (piand , deux cent vingt-quatre ans plus tôt, en i49^j il écrivait aux , Pskowiens : Ne suis-je donc pas libre d'agir comme ■■ 'il me plaît? je donnerai la Russie à qui bon me ] semblera, et je vous ordonne d’obéir.
Mais écoutons le grand homme lui-même , (|uand ■ il déclare : que l'opiniâtre rébellion d’ Alexis, ne poimml être motivée que sur le droit imprescrip- .tible que ce prince, possécté de la méchanceté y d'Absulon, créait , avoir au trône, il est indis- ■ y pensable de donner au souverain, sur son /ils , ■" Ja même puissance qu’a le particulier sur ses en- -fans. Puis il cite la femme d’Isaac , et surtout cet Iwan 111 , qui réunit en un seul corps, les mem- \bres épars de la patrie; et qui, dans la crainte de voir détruire son ouvrage par ses descendans -,
. déshérita tun, choisit Vautre, et reprit ensuite le premier^ suivant son bon plaisir, et sans avoir
égard au droit de primogéniture!
C’était en ^722 que Piene-le-Gi-aud parlait ainsi, quand il nC lui restait (pie des filles, et • (juîrfid un lils de eel Alexis HisUiitlepcÔre,; En prO-