CHAPITRE * ^ 5£i
fils , la üagellation et ,Ia réclusion de sa 'première femme , s’il faisait encore trancher la tête à la seconde , l’Europe ne le regarderait plus que comme un prince féroce , avide du sang de sçs sujets et du sien propre.
Il ajouta qu’au l'este, le Tzar pouvait se satisfaire en faisant, pour d’autres motifs, tomlicr Moëns sous le glaive des lois| quant Ji l’impératrice, il trouverait les moyens de s’en défaii’e sans que sa gloire en souffrît.
Pendant que Repnin parlait ainsi, le Tzar, im- '• mobile et debout devant lui, le fixait d’un regard dévorant, en gardant un silence farouche. Mais, bientôt , et comme cela lui an’ivait dans de fortes émotions, son cou se tordit vers son côté gauche,, et ses traits gonflés se contractant convulsivement , décelèrent la terrible lutte à laquelle il était en proie. Et pourtant l’excessive contention de son esprit maintenait sa personne dans une elfrayantc immobilité.
Tout à coup enfin , il s’élance hors de la chambre dans la salle voisine. Pendant deux heures entièi’cs, il la parcourt à gi’ands pas ; puis , rentrant soudai- , nement comme un homme détei’miné, il jette ces mots :i Repnin : Moëns va périr! j’observerai si bien U impératrice que sa première faute lui coûtera la vie !
Il sort alors, et le lendemain la tête dcMocns, accusé de dépi’cdations , tombe; scs deux fils, dé- . gradés, sont envoyés au loin vers la Perse, comme
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de simplet soldat». En même temps, sa sœm', complice du crime et favorite de Catherine, reçoit le knout J elle est exilée eu Sibérie, et ses biens sont conlis(piés. On assure même que le terrible Tzar a conduit, devant la tête sanglante de son amant, sa coupable épouse, qu’il regardait fixement, et dont les yeux baissés ne trahirent heureusement pas la douleur. Enfin, Repnin ajoute que, depuis cette nuit terrible jusqu’à sa mort, Pierre n’a plus parlé à l’impératrice qu’en public, et que, dans son intérieur, il est resté séparé d’elle. *
Comme cette mort arriva peu de mois après, quelques uns en soupçonnèrent Catherine; et sans avoir égaixl h l’infirmité trop bien connue du grand homme , sans calculer l’entassement des faits , et combien de tels héros ont fatigué le temps : sans réfléchir qu’aucun d’eux n’a guère parcouru plus de la moitié de la carrière permise aux autres hommes, ils ont accusé cette impératrice.
C’est un double malheur, il est vrai, pour la putation de Catherine comme pour celle de Mentzihof, tous deux étant partis de si bas, et s’étant constamment appuyés l’un sur l’autre pom- s’élever si haut près du Tzai*, tpie tous les deux se soient perdus clans son esprit, si peu de temps avant sa mort, fun par la prévai’ication , l’autre par l’adultère. En effet, tous deux s’étaient vus remplacés dans sa laveur : l’une , dit-on , par une princesse
‘ Muuoich et Leclerc.- , c' ■ * »