‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 282 sur 332 · CHAPITRE IV,*, *.6a · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV,*, *.6a

Cantémir , que soutenait .lagouchinsky ; l’autre , par cet Jagouchinsky, Vœil du Tzar.

Ce fut en 1722 que Pierre l’appela ainsi; quand, à son départ pour la Perse , il remit la direction du gouvernement à ce nouveau favori , qui marchait • de si près sur les traces de Mentzikof. De là, l’envie de ce Mentzikof, la jalousie de Catherine : en y ajoutant , depuis l’éclat de son adultère , une coim)nne à conserver : l’exil , le supplice d’une favorite , la mort d’un amant à venger : enfin , le pressant besoin d’échapper par un second crime au reproche , au danger continuel d’une menaçante présence.

Tels furent les soupçons des contemporains, soit justice divine , qui , souvent , ne punit un crime avéré que par le soupçon gratuit d’un autre crime , soit penchant trop ordinaire au commun des hommes , de ne jamais croire naturelle la fin prématurée des grands princes. 11 semble, en elfet, (pe par une disposition primitive de l’espèce humaine , h se créer des dieux de tout ce (^p’elle craint , la foule ait peine à concevoir que ces êtres, pour elle hors de nature, puissent mourir naturellement ^ elle ne peut se persuader cpe tant de vie, qu’une vie si grande, et de laquelle toutes les autres semblaient dépendre, ait pu s’éteindre, par un simple accident tle gueiTc ou de santé, comme celle des êtres ordinaires qui l’entourent.

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