‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 52 sur 332 · CHAPITRE IV. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. m

voit, ilil-il, (jii’uii ciel rigoureux, des déserts sauvages, de ténébreuses forêts , et des peupl<‘s plongés dans l’ignorance. Kief seule peut le .séduire; il s’en empare , ou plutôt c’est Kief qui s’empare de lui ; et bientôt il y meurt, plus encore de voluptés ([ue de vieillesse.

Aussitôt, toute la c«)hue des princes apanagés se relève; ils se ruent de nouveau sur ex- trône de Kief, (|u’ils escaladent, et sur lequel ils pa.ssent et repas.sent avec une telle rapidité, que le regai-d se perd à vouloir les suiM'e.

<L’n seul, dont la jeunesse fut celle d’Achille, s’est retiré de cette tourbe amliitieiise : c’est André, l’héritier de Souzdal. Il voit ce grand apanage d’un regaid tout opposé à celui de son père Là, dit-il^ « régnent encore la simplicité dis mœurs, l’obéis- (f sauce du peuplé et le déyoùment des Boyards; « tandis qu’à Kief, ville frontière des Hongrois, « des Polonais, des Polovt-^y, tout n’est <pie pillage, (( meurtres, guerres civiles ^t éh-angères. »

Aussi , pendant tju’il lais.se les autres princes , av.çc tout, ce (pi’ils ont de pas.sions et de mains avides, se déchirer, s’épuiser autoui- de cette Kief, lui la méprist^; il se tient à l’écart dans son patrimoine. Là, il semble réfléchir profondément sur. les maux de sa patrie. L’est surtout dans la position excentrique de Ki(*f , et dans les partages de l’empire, qu’il en voit la cause. , , - •

C’est pouivpioi, (üny> son va.ste domaine , il .se'

^ refuse à toute concession de territoire, mém<; en

* fà\enr de ses plus proclies paivus ; et il commenue

* ’ ‘ un comijat à mort contre les apanages. C'est eii-

^ * core pourquoi il rend sa Vladimir digne d’être la

« * capitale des Russes, pour<pioi il agrandit Moscou,

* création de son père, fonde autovu’ de lui une ^ ' multitude de villes, les peuple de ces grands Bul-

( gares du Volga, qu’il fait subjuguer', et attire dans le centre de la Russie, par les charmes de la , . paix , la population du Midi , qui fuyait les hor-

* , reurs de tous les genres de guerre.

* 'Enfin, en ii68, après avoir été repoussé par ^ la lière et inconstante Novgorod) il se retourtK

* * - * vers Kief , sur laquelle ses armées marchent;^ et

^ c’est alors que cette seconde capitale des Russes , , ^ prise d’assaut , dépouillée , dégradée , tombe , et , ^ • cède sa suprématie à Vladimir. *

* % Cependant , l’amiée suivante , les . nombreuses , * ^ troupes d’André , .conduites par soixante-et-onze

. ‘princes du sang, que commande l’un de ses fils,

* échoueront encore devant Novgorod, t>ù règne un < ftls du prince de Kief. Novgorod est à son plus haut

, ‘degir de puissance : entrepôt du commerce de la

• Perse et de l’Inde avec l’AJlemâgne > elle vient

• -'d’être admise dans la ligpe anséaticpie. Mais si elle

' Aotlré ne fît jJus la guerre par lui-uième depuis son aïénç- «* inenr. C!çsl |içut-ètre pouitjuoi, à dater de son ivgnv, le» rlu'o- , /tiques donjjefit fc nom de çMut à ce qu’elles avaient qp|ielé jiwpie-

• • là eardf du ufime.* » • ' ' \ -it' . -S? • • V

(iHAPlTRE iV.

a résisté deux fois à toutes les forces d’André, elle cède il sa politique , et la première , comme la seconde capitale des Russes , en reconnaît une troisième pour métropole.

André vient de triompher dans cette partie de sa douille lutte; mais dans celle des .apanages, la coutume, appuyée sur de trop grands intérêts, lui résiste. Pour iin seul Grand-prince dont l’intérêt était de détruire ce système, une foule de princes tous souverains, en devaient vouloir la cou- ' tinuation , et non seulement eux , mais encore leurs gardes , et tous ces Boyards , cette multitude d’aventuriei*s attachés à chacun des descendans de Rurick, et qui vivaient de cet usage et de tous ses . vices.

Aussi, tous se révoltent. C’est vainement cpie les frères, que les neveux d’Andié, auxcpiels il refuse des apanages, et qui en exigent, sont exilés, et forcés de fuir jusipi’à Byzance. Le reste de la Russie, partagé entre ses pareils, l’emporte. Kief et Novgorod lui échappimt; ses armées de ciiupianle mille hommes échouent devant une coutume invétérée : elle triomphe , et la politique d’Aiulré est forcée de se contenter d’un vain hommage.

Enfin, dans son propre patrimoine, qu’il veut ■ du moins maintenir entier et sans partage , cruellement assassiné par les siens, il meurt haï et sans yeugeance. ' '

-La chute de ce Grand-prince et de son système-

d’ordrp et de force, par la concentration du pouvoir, arriva en 1174» ü résulte que ce gi-and ellbrt fut essîiyé trop toi , ce que montre la résistance des mœni’s; et trop lard, en le rapportant à l’imasion des Tatars, (pii arriva cinqnante-cpiatre ans après. Car, même en admettant une succcs- “ sion de pritujes habiles , et une suite d’ellorts bien ' dirigés, un demi-siècle n’eùt pas snlli jxnir ren(b’e à la Russie, par la centralisation du pouvoir, toute Y .la force dont elle était susceptible , et c[ui lui eût été indispensable. L’histoire entière prouve (pi’une telle concentration de puissance dans un (itat féo- •' dal, et conti’e tant d’intérêts si forts et si opposés, fut toujours bien plus longue. à établir.

. Au reste , bien loin de persévérer dans cette grande pensée, le premier successeur d’André vit froidement se moieeler en apanages ce vastedomaine deSouzdal, devenu, par sa réunion instantanée dans une seule main , le nojau<le l’empire. Le second, se laissa disputer la Grande-principauté, par l’un des princes qu’il avait apanagés aux dépens de son . propre domaine. Le troisième lit bien plus : il déclara naïvement, (pi’il n’exigeait aucune soumission des princes apanagés, et ipi’ils ne devaient compte ■' de leur œuduite ipi’à Dieu seul.

Ainsi,- le résultat dè ce troisième changement de capitale fiit de transporter dans le centre (ie là Russie la ftireur des guerres civiles, le morcellement en ap$uiages, et d’éloigner le centre du ». *■ ' . .*'• •

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"onverncincnt , non scnlemout de la Grèce, de son-.

commerce, de sa civilisation, mais aussi des pix>vinces russes les plus européennes. Celles-ci , cherchant un point d’appui à leur portée, ne tardèrent jMis à devenir hongroise, polonaise et lithuanienue.. Enfin , ce changement de résidence acheva la décomposition du nord de l’Europe, à l’instant oii l’Asie centrale , se réunissant tout entière sous ïin seul chef, était prête à déborder sur cette contrée'^ malheureuse. ■ ;

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/ CHAPITRE!

Troisième période, dé 1237 à 1462. '

k Voici qu’un grand conquérant s’élève auprès

de la Russie , dans l’instant même où ce loallieu-

* * ‘ reux pays n’a plus , pour se garantir , que les

* lambeaux d’une puissance usée et déchirée par la discorde.

* Aussi a-t-il suffi pour l’écraser d’un seul des ^ lieutenans de Gengis-khan * , et de deux efforts

^tentés, l’un en 1221, au travers des défilés du Caucase, l’autre en 1237, par la Bulgarie orien-

.. - taie’. Le premier, qui ne lut qu’une irruption, * n’a coûté au vainqueur qu’une seule bataille; le ^ second , quelques combats insignifians , mais beau- ■^coup de sièges.

* * Cherchons d’abord les causes de cette invasion , ■•celles de ses rapides succès, et de la longue durée

ce .dernier • triomphe de l’Asie;" nous suivrons .^ensuite la marche lente et graduelle des Russes vers . » feûr indépendance. ■ . ,

Les principales causes de ^ cette grande invasion

' ()u Tchingnis. Do GuiRUss écritGçn^jhizkhan. *

' Oïl le p.iv» dtf Kasan. * * "• • * y •

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