CHAPITRE .1. ^ '' jiii
<pioi(|ue sniis doute moins aguerries que les pi-eniièv res ; mais les auteurs nationaux laissent voir que la permanenee'de ces gârdes, avait habitué à se reposer sur elles de tout, soin "de guerre , et que les peuples étaient devenus inhabiles aù m^tiéi’ des armes.
A cela) il faut ajouter que là, comme partout où les hommes du Nord'-ï!*établirent avec leuigouvernement militaire., iLntî pouvtiit y avoir dé guemers que les hommes libres» et propriétaires, dont il faut encore distraire les marchands et le clergé. Or, lès guerre^, cohtiuùelles avaient tatj^ augmenté* le nombr&de» moiiles, des hommes à gages , des esi^^tves , et si ^rt dtpiuué Æelui des hommes* libres iet possesseiu's.de terres, qu’à peine y aVait-51 alors Assez de ^guerriers pour faire face aux Polovtzji * ■ -J»-. , '
Au milieu do: cette «line et d’uhe dcpcqnilatipn si'généralc , les gardés d<^,priqçgs^ durent ç^les^ mêmes s’^tfaiblii*. On, a vu que, vers r'ioo, celle du Givand-fg-incq n’était que de huit cents hommes, ”•* et qu’il la perdit; c^e%^ce qui filit qu’à» l’exc^ppl ion d'une bataille ^t de quelques cumiiàts insignifians ^ en rase campagiiej^cSiTatars ne tix>u>èr(jut de i^- ;'^sistance que dans’ les villes, où tout ce qui s’y était » réfugié, pay.sans^ prêtres ,^uple^ deyii^tguerrier pal** désespou'. .
Encore , ce nC.. fut qu’à ' la^sçcoude invàsiou :
' ^toye;?,' en 'e'flct , lês habitansr.de «es villes n’opposer là la première, qui; des.prt)c;èBsioiA de prtlÉtjWt
J3igitized by Guoglc
ai •' ^ LIVRE
snpplians , que ces barbares se plurent à fouler aux pieds de leurs chevaux.^
Une autre cause de la natiSre de cette seconde guerre,' touU; de sièges i c’est que dans ces temps barbares , où aucune tactique n’(^talt connue j uite caTalerie impétueuse devâit*.dahs les camj)agnes, a^üir la supëri'ofilé f Ot, les Tatai-s , toujours à cheval et i^ailres dés ^proviùcés les plus produètites en chevaux , étaient les'meilleuùs cavaliers du mondé, Hossc* étaient surtout^ fantassins; les gardes de,. ceuütrCi écrasées, lo i;estè mal ariùé et ' sans discipbne , né put -tenin itpie dalis'^des villes contre une si firfieusc^cavaleHe..
Les auoali^tes.vanteùtLeauêoupsla ténacité avec laqucll(^cc8 villes^se (îéfei^iirnt^ la plupart se lais- ‘ sèrent emp(pi;or fl'^fsatit et détruire, plutôt que de.se soumettre. L’exemple dui^sac d’une ville, n’empéchait ]p:\s, l’autre de i’y exposer. On croit reconnaître ici fcef te persistâncé obstin^' jusqii’a ^ la mort', qu’on retrouve, cucore daifis |fe caractère russe : il e’sl ^ai que les Tatarrf’, sc*çloriüant d’etve sans parole; comme sans pitié, il n'y avait point, de tigité à faire avec eux, ni de quartier »erï atféndre. * ^ Maintenaut , à cette réduction^dans la pbpu-î^ . . btion. guerrière . des Russes , opposez l^énormité ^ des armées ^tjtres. ÉcôutCiX P1au»Carpin j'xét ^n- A ydyé du pajSe à Bâti , a Vu ce khan entouré ' six cent rtÿe gucrriei's,^ ddnt cent ’éinquanlih ‘ thillc ^atars. Il^n^*avaBf>^int alfers,(fart
*•. . Pigitized tjy CîoQgle
CHAPIT RE 1. 96 ■'
pùt compenser une si ënoi-me disproportion de ‘ forces. Rubniquis • , envoyé de Saint -Louis Mangou - klian , n’tm donne pas une moindre .i. idée. '
D’autr^ ca,uses donnèrent ertco/e k supériorité aux Tatai-s. .Chez Ifs Gaxilois , ti^mme chez tous les» barbares, c’était par des cris répétés de village en village que les nouvelles se transmettaient; elles “ . arrivaient d’autant plus vite, que Ije pays était plus », '• peuplé. En Russie, où les habitations étaient séparées par des déserts, ce genre de communication ; était sans cesse interrompu,, de’façon fpie souvent»! * ^ un prince .était snrpris par l’ennemi dans sa capi'‘^')^ taie; c’était ’Jà un grand avantage povu’ un assaillant»* ^ toujours prêt et, si rapide. . , H *
On peut encore penser que les Mon^olst, si prèsit» des mines^ de Nertschings, et devenus maîtres de l’Oural et du Caucase, devaienUayofr de meilleure#^ armes que les Russes; aussi Jes annalistes’parlçut- » *
ils avec effroi deK flèches longues et acérées^dé oe^ • »
Tatars , de leurs énorbiès cimeterres , de leurs piques armées de.tcrochets , et de ces teiiHdiles . *
béliers qiii i^enversèrent eu un jour les jnuratlles . > de Kief, leur plus forte ville. ‘ **
' Ce moine osa iroire.qu’il pourrait convertir Mangou^ mais le ^ kltanlui répond ; Les Mongols n’i^rcnt pas qu’il existe un Dieu, J, et iis l’aim'àit de'toiJt leur cœut; il y a autant et ^Ins 5e chemins* * t pour ^ivé^an salut,, que vt*ie-n’ave* ^d^^igts aux mains f si ' , *
Dieu vntfe a ddnné la BiHe, il nous a doqpé le^ mage», et». , ,
LIVUK 111.
Ce qu’il iiml aussi se représenter, e’est la sou- «laine organisation de ces hordes errantes en divi- ■« 'sions de dix mille hommes , régimens de mille V* hommes, compagnies de cent hommes, et. escouades de dix hommes. Admirons encore 'ces réu- ^ 1 «ions annuelles de tous lés chefs devant Gengis, unique moyen de les coimaitre, de les contenir .* dans un certain ensemble, et de leur i-appcler son .i aufcorilé dans une si immense étendue; car c’est au milieu de ces déserts cpie toute la forée du génie . éclate;' c’est là surtout cpi’on sent. tout ce que peut *> * , l’in tluencê d’un seul homme.sur tant d’hommes et ' d’ÿvénemens , eu dépit même dp la nature.
Le f;matism,e s’en mêhi : un prophète avait prédit ' g à GengisAhan , dans une» de ces assemblées géné- ^‘i-ales, qu’il' serait maître de la terre. Remai-quons * ‘ encore que chez ces Mougols , les trois grands délits ^ étaient l’adultère,. le sortilège et la lâcheté; et *“, qu’eiïlin, des hpmmo^ qui avaient les passions si * vives,, (pli étaieut si ignorans, et qui devaient se '■ faire tuer sous peine de 'mort , devaient êti e de lennbles soldats.
D’aUleuis, il n’est pas bien surprenant (£ue les - • . Russes, désmiis, aient succombé .sous les Mongols,
• • réimis aux Tatars. Enfin , le génie de Gengis, l’essor fit, prendre, la conûance tpi’il laissa, l’exal- ' produite par (juarantc aimées de victoires,
. .’ sont des causes frappantes .d(^ suepès.
Ces iKunade.s potisscrent leur fortune jusqa’eh
♦ • CHAPITRE I. ^ • 97
llüiigi’ie , cL par-delà la Pologne; mais une victoire l'oùteusc en Silësie , et la misère du Brandebourg les ajant dégoûtés, ils s’en tinrent à la Russie. ■
, Cependant, avéc le secours des Polovtzy, lès Alarns aiu’aient pu défendre l’entrée de la Russie d’Europe aux Tatars, qili l’attacpièrent d’abord ■’pai’ le sud-ouest .de la Caspienne et les défilés du .Caucase; mais les Polovtzy, trompés par des offres * ’ , d-amitié, et par le* souvenir d’une meme origine # ' ‘ * •.*
abandonnèrent les Alains. Ceux-ci écrasés , le Cau- ^ case franchi, ce fiit le tom- des Pôlovtzy, (pii, -r** . chassés jus(pi’au Dnieper, implorèrent le secours des princes dé Kief et de Galitch. ^ ^ ^
Ces princês «sen tirent leur intérêt, et s’unirent .
aux Polovtzy. Ce fut alors (pié les ènvoyés talars"^ • fiu’cut massacrés, en venant offrir aux Russes la f. v
'-même amitié dont ils avaient leurré les Polovtzy. '
La ligue des Ru^es était incomplète; ils furent al- * .. '•v.
tîi’és par une feinte retmite sur les bords de la ^ Kalka , près-de l’embouchure du Don. Là , le prim^
; jle Galitch voulut vaincre sans celui de Kief, cpii , *
• de, son côté, le laissa battre , et fiit à son tour massacré/-: tout le midi de la Russie fut aloi*s ravagé,’^ aprèaTquoi les Tatars se retirèrent.
Ce préèis de leur pi'innière expédition de i22l,'-‘fait voir avec (quelle polititpic prudente et dissimulée, ces Tatars préparaient une guerre, (pi’ils aflaient faii-e avec toute la fureur de la barbarie : ce (pic dit M<>ntcs(|iîiéli du caractèiic d’Altihi peint
11° SDIT.
uîlltized by Cookie
. •*. . p8 LIVRE 111. — CHAPITRE 1. • ♦
bien le caractèi e tatav, qui , patient etnisé en politiqne, est implacable et furieux h la gnorre.
' Voici deux antres raisons de la confpiéte géué-
. raie de la Russie, en 1237, par Mti, petil-tils de ^
" Gcnqis , et khan du Kaptchak. D’abord , la famine ,
‘ une peste, le tremblement de terre de 1 23o, et un ,* redoublement de dissensions intestines, allàiblirent
* les Russes, cpiaud le pacificpic règne de Touclû ou ' * ■ Zotm-khan, avait prépai-é le Kaptchak; puis, le • • •< Grand-prince de Vladimir (loury *) se ti-ouva être
' un iinl)ccille, ({ui ne pensa pas à s’allier aux Bul-
■ ■*' gares, et se laissa vaincre eu détail. Comme, il ue
* . s’occupait cpi’à orner des églises, à’çntretenir la mendicité par des aumônes et h engraisser les moi- • nés, il crut que Dreii ferait le reste.
Quant à l’infamie des princes russes, (jüi d’almrd s’abaiidou lièrent mutuellement, cpi’oh vit ensiiite acliever de se déchirer entre eux sur leurs ruines, et qui finirent par elioisir Bâti pour juge de leués dillerends ; enfin , quant à l’établissement sur les frontières russes du grand empire tatar du Kapt- . chak ' , qui s’étendait du nord de la Caspienne aux • .. rives du Don , ce sont des causes , non seulement des succès des Tatars, mais encore de la duree de lem' empire en Russie.
' ,On George.
^Kaptchak, ou la Horde dorée, kannat compris, selon Le-», vesque, entre le Volga, ITaïk et le Don ; et selon de Guignes, l'ie^.^ plus étendu vers le nord-est dé la Caspienne : qn «a-oit même que le Sir, ou l'ancien lavarte, fut sa limite. •