‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 74 sur 332 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

faut l’attribuer sexüement à leur politique , ou bien à leur insouciance religitnisc et à leur habitude de commander à des peuples de différentes religions ; ce qui est certain, c’est que plusieurs évêques russes résidèrent daus la cour de ces princes païens, et cpie , soit incertitude , soit esprit de paganisme, ces Tatars croyaient à l’efficacité de toutes les prières , tpielles cpi’en fussent les foi-mes , et tpi’ils s’y recommandaicht.

Et vraiment, leur culte, nomade comme eux, sans praticpies extérieures , sans point de réunion , sans presrpie riçn de cesqui pouvait séduire et attacher les sens d’une nation si vive, ne devait pas être un objet de grande importance. Comment donc cette.religion, si vague qu’elle en mérite à peine le nom , aurait-elle été intolérante? L’intérêt de hmrs prêtres aurait pu la rendrt: telle; mais nous ne voyons pas que , chez ces nations errantes , prêtres aient jamais pu former un corps et en prendre l’esprit.

Plus- tard, le mahométisme, (pi’adoptèrent ces Tatars, quelque exclusif qu’il soit, ne les rendit guf re moins toférans ; et il est reinarquablé que , bien loin de pénétrer dans la Russie d’Europe , cette religion s’arrêta sur sa frontière. Ce fuient ceux de ces compérans asiatiques, cpi' entrèrent dans ce côté de notre terre pour s’y établir, qui furent conquis au christianisme. Ne semblerait-il pas cpie ces deux religions, se soient enfin et in-

,i4a LIVRE III. — CHAPITRE IX.

variablement partagé les diflerentes parties de ce • monde suivant ses grandes divisions géographiques?

Mais , remarquons ici , » la lumière de Tun de nos ' plus profonds génies , que toutes les causes de la polygamie et de l’esclavage des femmes et des hommes en Orient , sont celles du partage tpie le * «mahométisme et le christianisme se sont fait de l’Asie et de l’Eimope. Or, presque toutes ces causes tiennent au climat; c’est qu’iîue religion, ayant, plus encore qud'les lois, ses racines dans les moeurs, , le diraat doit jtvoirTseaucoup d’influence sur elle.

f Le dogme de la prédëstination , qui vient 'de la ^ paresse eP qui y mèqe, ne pouvait pas non plus s’établir dans un climat dur, avare , variable j qui inspire et*qui exi^ l’activité du travail; ce lut encore une raison de ce partage de religion suivant les températures. 4 j . - *

On a objecté que le christianisme vient lui-méme «l'Asie î mais ceci prouverait encore plus l’assertioïi , précédent^, puisqu’il a été obligé d’en sortir.' . w

* liV • .

Page 1