‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 81 sur 332 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Voilà donc l’Asie vaincue , la Moscovie libérée; et, sans doute, l’histoire ne représentera plus le prince sous lequel s’opéra cette c;i’ande révolution <|ue comme un guerrier rcdoutidile, un glorieux conquéi’ant siu’ sou char de triomphe! Mais l’histoire n’oserait; l’histoire même indigène , captive, soumise, comme tout ce qui croît sim le sol nisse; bien loin de là, elle nous représente ce prince, dans l’âge des combats, ne montrant rpie de fausses velléités de combattre. Tantôt il annonce son départ pour Kasaii avec ses armées, qu’ensuite il laisse toujom’s à d’autres le soin de conduire; tantôt il part enfin lui-même, mais pour s’arrêter en chemin sous le plus léger prétexte, ne rougissant pas de voir continuer sans lui ses guerriers , auxquids il recommande toujours d’éviter tout combat décisif.

Bien plus, en 1469 > d avait rassemblé toule la Russie et épuisé tous ses moyens de guerre; son armée marchait à un triomphe assuré : il s’arrête I Le vain espoir’ de quehpies négociations lui fait préférer, à tant d’armes toutes prêtes , la jrolitique ; mais la Russie, indignée, s’élance malgré son prince : le général qui , par son oi’dre , a voulu la retenir, d’ale seul. Iwan apprend que les guerriers russes SC sont nommé un autre .chef, et qu’cnlin ils ont triomphé des Kasannois, en dépit de sa pusillanimité. Alors seulement, quand cette fiutbce heui cusi^ . et impunie de ses sujets l’a bien convaincu de la faiblesse dç Kasan , il pousse contre, elle .tous les

princes engagés à son service , sa gaixle mèine ÿ et lui, demeure dans Moscou, encore tout inquiet des dernièi'es convulsions de ce faible ennemi , ipie poui’tant il vient d’envoyer achever par les forces colossales de la Russie tout entière.

Voilà comme il attaque, comment donc se défendra-t-il? Comment la horde dorée, si longtemps dominatrice, fut-elle trois fois repoussée, et enfin anéantie’ sans retour? Quels furent les combats de ce nouveau Dmitry Donskoï, ou du .moins ceux auxtpjels assista ce Louis XIV, l’Aetium de cet Auguste? Comment vaincre autant sans victoire? rhistoire-n’en cite pas une seule. A la pi'Cmicre invasion de cette horde, à peine a-t-il osé donner l’oixlrede se défendre; lesTatars de Crimée ont seuls sauvé la Russie. A la seconde (1468), il ne compte cpie sur le nombre , et réunit des, forces si disproportionnées avec le péril, qu’au seul bruit de leur marche il se dissipe.* Àux yeux du khan, (dit l’annaliste , notre armée s’agitait , et hriUait comme les flots d'ime mer majestueuse , éclairée par les rayons du soleil. C’est par ce seul aspect cpi’lwan s’est contenté de vaincre une seconde fois son ennemi, dont la fnite n’a pas même été troublée par le circonspect autocrate.

A la troisième agression de la horde doi'ée, en *, 1480, tpiand il a dompté la plus dangereuse des’ répid)liques russes; quand il a su lallierses frères à la cause générale; quand la Lit huanie, qu’occupe

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