‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 89 sur 332 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

nue ; le sort des répul>licjues rasses s’achève (1489) : celle de Vialka, colonie de Novgorod, et qu’un meme esprit agitait, est soumise avec les memes précautions. Le Grand-prince a paru inattentif à ses rebellions, insensible à ses insultes, tant tpie Kasan et Novgorod ont résisté; ces deux État.s soumis, il éclate, et c’est en prodiguant de telles forces qu’il écrase encore , sans combat , celte république. Le sjing de trois coupaljles suflit ;i .son irritation longuement concentrée, mais il n’y laisse que des esclaves.

La colonie annihilée, il revient encore frapper sur la métropole. De 1479 *'• i528, à chacpie convulsion de la longue agonie de la gi’ande Novgorod, expirante, le joug s’appesantira; jusqu’à ce que, épuisée de sa population républicaine, tninsplanlée tout entière .sm' le sol e.sclave de Moscou, elle ait été repeuplée de Moscovites.

Au reste , nous ne voyons guère qu’aucun grand empire inoilenic ait pu prcaidre l’ensemble indispensable pour .se défendre , comme pom- se pacilier inlérienrement, s’ordonner, s’enrichir, s’instruire, ■se civiliser; en un mot, jKiur se rendre digne et capable de liberté , sans s’etre épuré de ses institutions barbares , en passant , comme dans un grand incendie, au travers du pouvoir absolu.

Là comme ailleurs , pour s’affranchir du dehors et s’éclairer au -dedans, il fdlait cpie toutes ces tyrannies se concentrassent en une seule.

L'inquiète et capricieuse démagogie de Novgorod formait un État à part dans l’État; son existence était aussi incompatible que celle des princes apanagés, avec l’existence des Grands-princes. La nécessité politique a donc pu pousser Iwan à ce grand attentat. Quant au prétexte, que Marpha, par ambition, patriotisme ou amour, ait cherché dans un prince étranger, un protecteur moins dangereux à sa patrie , que le souverain de Moscou , son motif importe peu : le machiavélisme d’iwan , en dérobant frauduleusement d’abord, et en arrachant violemment ensuite à cette républitpie toutes ses libertés, n’a que trop bien justifié les efforts de cette femme célèbre.

Ce (pii est remanpiable , c’est (pie le coup le plus funeste (pi’Iwan III porta à cette grande cité fiit involontaire. Jus(pi'en 1492, cette ville (commerçante avait été singulièrement populeuse , riche et puissante ; et il est bien digne d’attention (pie , malgré sa barbarie, et tant de guerres étrangères et de dissensions intestines , nées de son gouvernement populaire , cette ville capricieuse ait toujours accru sa prospérité commerciale : tant la liberté, même la moins réglée, est favorable au commerce. Il semble (pie, au milieu de tous leurs excès , les peuples libres conservent , sous ce rapport , l’instinct de leur véritable intérêt , tandis (pie le pouvoir absolu s’y trompe sans cesse.

Tant (pie Novgorod fut libre, les villes anséa-

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