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PROCES INTENTE PAU LES MAITRES D'ECOLE

procès1. Ce procès lui était intenté par les maîtres des petites écoles.

Le succès des Frères avait mis en éveil la susceptibilité de ces bonnes gens. Si les Frères, par leur discipline exacte, n'avaient fait que recueillir les enfants pauvres, qui jusqu'alors vagabondaient dans les rues, les maîtres laïques n'auraient assurément élevé aucune plainte. Mais, surtout lorsque l'école de la rue du Bac fut ouverte, nombre d'enfants quittèrent les petites écoles2 pour aller aux écoles charitables. Ces écoles charitables avaient un double attrait : elles étaient gratuites, elles étaient tenues par des religieux dans la plus parfaite régularité. Peutêtre les prêtres de la paroisse favorisèrent-ils aussi, par leurs conseils, ce mouvement vers les Frères.

Les maîtres des petites écoles se trouvèrent lésés dans leurs intérêts. La plupart d'entre eux n'avaient que peu d'élèves3; le moindre vide dans leurs classes diminuait leurs ressources. Comme ils n'avaient point d'ordinaire d'autre gagne-pain, ils se sentirent menacés dans leur existence. Aussi résolurent -ils d'agir promptement. Quoique la querelle suscitée , à l'occasion des écoles charitables, entre le chantre de Notre-Dame et les curés de Paris, n'eût point encore été vidée4, la règle admise était que les écoles charitables ne devaient s'ouvrir qu'aux enfants pauvres. Or les maîtres prétendaient que, parmi les enfants reçus dans l'école de la rue du Bac , plusieurs étaient en état de payer les mensualités scolaires.

Ils s'assemblèrent donc et résolurent d'arrêter l'expan-

1 Contrairement à Blain, non-, mettons le procès après le Mémoire, parce qu'il est certain que le Mémoire a été rédigé avant le procès. — 2 Blain, p. 296. Maillefer, p. 98. Blain traite trop durement ces maîtres «le petites écoles: le droii alors eu vigueur excluait réellement des écoles charitables les en Tant s qui pouvaienl payer aux petites écoles. — 3 D'après les registres du Chapitre, chaque maître n'était autorisé souvent que pour six à douze élèves; cela était nécessaire, à cause du mode d'enseignement qui était individuel, et non simultané. (< !f. Pompj i , |i. 102.) — * Elle le fui par la transaction du 18 mai 1699.

sion de ces nouveaux établissements, qui menaçaient leur- écoles de la ruine. « Ils employèrent d'abord les voies de lait et firent saisir tous les meubles des écoles gratuites1. » Puis ils assignèrent devant le chantre de Notre-Dame M. de la Salle et les Frères, comme coupables d'avoir porté atteinte à leurs privilèges. M. de la Salle ne comparut pas. Claude Joly, qui était alors chantre et écolâtre, et qui veillait sur les droits des petites écoles avec un zèle très jaloux, condamna les Frères et leur supérieur et supprima les écoles gratuites de Saint- Sulpice*.

M. de la Salle fut un moment déconcerté. Il avait pour les procès une telle horreur, qu'il était sur le point de tout abandonner, plutôt que d'interjeter appel de la sentence de l'écolàtre. Mais on lui fit entendre qu'il n'avait pas le droit de renoncer si légèrement, pour un vain monopole, à une entreprise qui intéressait au plus haut point la gloire de Dieu. Puisqu'il avait assez aimé les pauvres pour renoncer à tous ses biens et devenir leur maître d'école , il devait les aimer encore assez pour se faire leur avocat et plaider leur cause devant la justice. Il céda à ces pressantes instances. D'ailleurs son directeur intervint, et, par un ordre formel, l'obligea de poursuivre l'affaire3. M. Baudrand. qui lui dictait ainsi son devoir, se sentait du reste atteint lui-même par le verdict du chantre; la sentence qui fermait ses écoles charitables blessait ses droits de curé.

La lia ire vint -en appel devant le parlement. Notre Saint fut convoqué pour expliquer son cas et soutenir sa cause devant les magistrats. Il est vrai qu'il avait de puissants appuis; la cause des pauvres est toujours sym-

1 Maiimmi . p. 98 ll>i<l.. p. 98.— :l Ht. Ai\' et Mahiiikii. Si

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