PROCEDES PEDAGOGIQUES DE M. DE LA SALLE. LA CONDUITE DES ÉCOLES
Au début de 169i , l'école de la rue Princesse comptait quatre classes, quatre maîtres, trois cents écoliers; l'école de la rue du Bac avait deux; classes, deux maîtres, cent vingt élèves5. Ce rapide succès, qui avait si fort irrité les maîtres des petites écoles, était le fruit du bon
1 Ce sanctuaire de la Vierge est dans l'église paroissiale d'Auhervilliers (Seine). C'était un pèlerinage très fréquenté au xvne siècle. Le cardinal de Bérulle. saint Vincent de Paul et M. Olier y allaient souvent. Un monument .1 été érigé dans l'église, en 1877. pour rappeler le pèlerinage qu'y fil M. de La Salle en 1690. — * Blain. \>. 299. — M uli epi r, p. 99. 1 [bid., p. 99. — '• Simon de Doncoi rt, l^ni. hist., t. III, p. 444.
ordre que M. de la Salle avait établi dans toutes les classes. Des enfants bien tenus, mieux instruits, plus dociles et plus religieux, tel était le puissant moyen de propagande des Frères près des familles pauvres du faubourg.
La méthode des Frères , déjà mûrie par une expérience de près de douze ans. était l'œuvre du saint fondateur. Dès les commencements, il s'était préoccupé d'établir l'uniformité parmi les maîtres de Reims. Pour ne rien laisser à l'imprévu ni à d'imprudentes initiatives, il avait écrit des avis <uv la manière de faire la classe. Recueillies avec un soin pieux, ces instructions pédagogiques étaient entre les mains de tous les maîtres. M. de La Salle, à qui la pratique quotidienne des écoles donnait sans eesse de nouvelles lumières, retouchait et perfectionnait constamment sa méthode. Déjà les grandes lignes en étaient fixées en 1690. Cependant ce fut à Vaugirard, vers L695, qu'il réunit ses conseils en un corps de doctrine qu'il intitula Conduite des écoles*. Les jeunes maîtres, durant leur noviciat, prenaient copie du manuscrit et se pénétraient de son esprit. Mais, en 1720, l'année qui suivit la mort du Bienheureux, les Frères demandèrent que la Conduite des écoles lut imprimée et devin! ;iinsi d'un usage plus facile.
1 Nous croyons que la première édition de la Conduite des écoles est celle de 1720 Avignon). Nous n'avons trouvé aucune édition antérieure, el la préface laisse entendit' que jusque-là on se transmettail le livre manuscrit. Il existe un exemplaire manuscrit à La Bibliothèque nationale. Ms. Fr. Il 759. U-date au moins de 1706. Ce! exemplaire contient une troisième partie intitulée : Devoirs de l'inspecteur des écoles, qui ne i'ul pas imprimée eu 1720. D'ailleurs, l'édition de 1720 annonce trois parties el n'en donne que deux: il y «-si dil que la troisième « sera seulement à l'usage des Frères directeurs el formateurs de nouveaux maîtres - I édition de 1742 ne la contient pas non plus. Dans les éditions modernes, écrites dans le même esprit, mais avec des modifications profondes, on a ajouté comme troisième partie les Vertus d'un bon maître, énumérées par le fondateur, développées par le frère Aga- Uion. La troisième partie de la Conduite, qui ne fui pas éditée d'abord, traitait spécialemenl des Frères inspecteurs el îles formateurs des
nouveaux maîtres.