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CARACTÈRE RELIGIEUX DES ECOLES

Le but des écoles chrétiennes est nettement marqué. Rien qui sente l'intérêt ou l'ambition. L'Institut est une œuvre essentiellement apostolique, dans laquelle on prend les enfants , spécialement les pauvres , pour en faire des chrétiens. « C'est pour ce sujet qu'on y tient des écoles, dit la Règle, afin que les enfants, y étant sous la conduite des maîtres depuis le matin jusqu'au soir, ces maîtres leur puissent apprendre à bien vivre, en les instruisant des mystères de notre sainte religion , en leur inspirant les maximes chrétiennes, et ainsi leur donner l'éducation qui leur convient... C'a été dans la vue de procurer ces avantages aux enfants des artisans et des pauvres, qu'on a institué les écoles chrétiennes1. »

Cette fin est tellement capitale aux yeux du fondateur, qu'il a multiplié les exercices religieux dans l'école et donné à l'enseignement du catéchisme un temps considérable -.

Les prières sont nombreuses : on prie à l'entrée et à la sortie des classes ; on prie à certaines heures où le travail s'interrompt. Chaque jour les enfants assistent à la messe: le long du chemin, ils sont silencieux et recueillis dans la prière : à l'église , on leur distribue des chapelets, pour qu'aucun écolier ne reste inoccupé. Notre Saint croit tellement à la vertu de la prière, qu'il la veut perpétuelle dans chaque classe. « Il y aura toujours, ditil. deux ou trois écoliers à genoux, un de chaque classe, qui réciteront le chapelet, tous les uns après les autres, dans un endroit de l'école disposé à cet effet et choisi par le Frère directeur ou inspecteur'. »

Pour que ces prières soient fécondes devant Dieu et

de la préface : •• Cette conduite n'a été recueillie et mise en ordre (par Feu M. 'Ii- l.i Salle qu'après un très grand nombre de conférences faites entre lui <■! les Frères <\r J'Institui tes plus anciens ri les plus capables de bien faire l'école, et après une expérience de plusieurs années.

1 Règle, ch. t, art. '■'-'■>. Cette idée l'ail (oui le fond des Méditations pour le temps de la retraite. — 2 Conduite des Ecoles chrétiennes, édition de 1720, [.. 75 à 100. — 3 Ibid., v. 76.

dans le cœur des enfants, pour qu'elles échappent au danger de la routine et soient toujours animées de l'esprit religieux, le prudent instituteur prend de sages préeau lions. « A chaque heure du jour on fera quelques courtes prières, qui serviront aux maîtres pour renouveler leur attention sur eux-mêmes et à la présence de Dieu, et aux écoliers pour les habituer à penser à Dieu de tems en tems durant le jour et les disposer à lui offrir toutes huis actions2. » Chaque jour on lit une courte réflexion . que le maître commente a selon la portée de ses escoliers... el durant l'espace d'un bon Miserere* ».

La tenue doit d'elle-même porter à la prière, tant ehe/. les nia il ces que chez les écoliers. Le maître « restera toujours debout devant son siège, dans un extérieur fort grave, for! retenu et bien composé, les bras croisez el dans une grande modestie, pour donner exemple aux écoliers de ce qu'ils doivent faire durant ce tems. Les écoliers seront toujours à genoux, bien rangez, ayant le corps droit, les bras croisez et les yeux baissez. Le maître aura égard qu'ils ne remuent pas. qu'ils ne changent pas de posture, qu'ils ne s'appuyent pas sur les bancs par devant ny par derrière..., qu'ils ne tournent pas la tète pour regarder autour d'eux, et surtout qu'ils ne se touchent pas les uns les autres3 ».

Ces pratiques de vie chrétienne ne pouraienl se transformer en habitudes stables qu'à la condition d'être soutenues par une forte instruction religieuse. Persuadé de ce principe, notre Saint fait une place très large à l'enseignement du catéchisme. Les Frères y consacreront chaque jour une demi-heure; les dimanches el l'êtes, une heure et demie. Mais il importe que ce temps soit utilement employé. C'est pourquoi < le maître ne parlera pas aux

1 Conduite des Ecoles chrétiennes, édition de 1720, p. 76. — - Ibid., |i. 77. — 3 Ibid., p. 81.

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