‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 125 sur 320 · SOIN DES NOVICES · texte numérisé non relu

SOIN DES NOVICES

sujets vers le noviciat, si bien qu'en peu de temps on en compta jusqu'à trente-cinq1.

Par la fondation de ce noviciat, l'Institut des Frères entrait dans une phase nouvelle. Fécondé par les prières et les mérites du fondateur et des premiers religieux, il allait prospérer et grandir.

LA COMMUNAUTE DE VAUGIRARD. — VERTUS QU'ON Y PRATIQUE. - EXTRAORDINAIRE PAUVRETÉ DE I.A MAISON. LA MORTIFICATION CORPORELLE

A peine eut-il ouvert son noviciat, que M. de la Salle appela de Reims le frère Jean-Henry pour le diriger"-. Ce Frère, nous l'avons déjà remarqué, avait peu d'aptitude pour le gouvernement ; son défaut de tact avait froissé bien des âmes et causé de regrettables désertions. Cependant son supérieur l'aimait, à cause de sa grande vertu. A la tête du noviciat de Vaugirard , le frère Jean- Ilenry serait du moins un exemple d'héroïque pénitence et de parfaite régularité. M. de la Salle le formerait sous ses yeux aux fonctions délicates de la direction , et il se réservait d'exercer, en attendant, l'action personnelle et directe sur tous les sujets de la communauté.

Ce cher noviciat de Vaugirard absorba d'abord la principale attention du fondateur. Son biographe Maillefer3 nous apprend de quelle sollicitude il entourait ses novices : « Il sentait, dit-il, de quelle conséquence il était pour son Institut de former de bonne heure des sujets propres à y maintenir la régularité. Aussi il ne s'en rapportait pas à d'autres de ce soin. Il examinait lui-même les

1 Bi.ain, p. 32:1. — - Lucard, Annales, \>. 80. — :! Maillefer, p. 118-

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novices. le> instruisait de leurs obligations essentielles à l'étal qu'ils voulaient embrasser, ne laissait passer aucun jour sans leur faire des exhortations. Il présidait même à tous les exercices, autant que ses autres occupations le lui permettaient, travaillait avec eux aux emplois les plus bas de la maison: il les encourageait par son exemple à embrasser avec joie une vie pénible et laborieuse, à endurer les humiliations sans se plaindre, à souffrir les railleries auxquelles ils se trouveraient exposés, et à conserver Le calme et la tranquillité dans les différentes situations où la simplicité et la pauvreté de leur état pourrait les mettre dans la suite. Il soutint cette conduite pendant plusieurs années, sans se relâcher en rien de son exactitude. »

Le temps était partagé entre les divers exercices propres à un noviciat. Trois heures, chaque jour, étaient consacrées à l'oraison, qu'on faisait à genoux; le petit office de la sainte Vierge était récité intégralement, debout et sans appui; il y avait une heure de lecture spirituelle le matin, et autant l'après-midi '. Le reste de la journée se partageait entre (\c^ exercices de prière, de lecture, de mortification, de travail manuel ; au moins une fois chaque jour, le saint supérieur faisait une conférence à ses fervents novices. Un tel règlement donnait à la communauté un aspect sévère e1 recueilli; le silence y était scrupuleusement observé; la prière, fort goûtée, y devenait la source <les plus douces consolations.

C'est alors que M. de la Salle introduisit parmi les membre- de l'Institut une distinction fort utile. Il n'y avilit pas en, jusque-là, de Frères servants, (Tétait un inconvénient assez grave, car il fallait que les Frères des écoles s'occupassent des besoins temporels de la communauté; les ><>iiis de cuisine et de ménage devenaient un sujel de dissipation et portaient préjudice à leurs classes5.

1 Mi. .un, p. :JI9. -' M mi m 1 1 a, p. nct-ini.

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