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LES FRERES DE PARIS A YAUGIHARD 2:S

A partir de 1692',, des Frères servants furent spécialement destinés aux emplois temporels, ce qui permit aux maîtres de- vaquer librement à la formation des écoliers. Leur costume eut la même forme que celui des Frères d'école; il ne s'en distingua, jusqu'au chapitre de 1810, que par la couleur brune2.

Les jeudis et les dimanches de chaque semaine, la communauté de Vaugirard devenait plus nombreuse; car les Frères des écoles de Paris venaient y chercher, avec le grand air et le repos, la nourriture de l'âme8.. Tous habitaient l'étroite maison de la rue Princesse, Leurs classes finies, ils n'osaient se récréer dans la cour d'ailleurs fort limitée de leur école, parce qu'ils eussent été exposés à l'indiscrète curiosité de nombreux voisins. Ils ne sortaient qu'une fois par semaine, et leurs promenades à travers les chemins de la campagne devenaient souvent l'occasion de nouvelles fatigues. Lorsque la maison de Vaugirard fut ouverte, les Frères de Paris y trouvèrent une précieuse ressource tant pour leur bien spirituel que pour leur santé. Il s'y rendaient le mercredi soir et n'en revenaient que le vendredi matin; ils y allaient, de même, depuis le samedi soir jusqu'au lundi malin. Si l'on ajoute le temps des vacances, on remarquera que, pour eux, la moitié de l'année se passait à Vaugirard.

Ce séjour prolongé au noviciat produisit en eux les plus consolants résultais. A travers les jardins bien aérés, ils reprenaient des forces physiques pour de nouveaux labeurs. Dans la société de leur père, et stimulés par les exemples des jeunes novices, ils recouvraient leur première ferveur. En effet, il> ne vivaient pas à Vaugirard comme des gens en repos au milieu d'une communauté

1 D'après Blain,, p. 325, il y cul un Frère servant parmi ceux qui prirent l'habil le Ie" novembre 1692. - - Voir art. 3 parmi les décisions de chapitre de 1810. Archives des Frères. — : Blain, p. 313; Lui «m. Annales, p. 86-87.

en plein exercice. Au moment où ils entraient dans la maison, la règle du noviciat les saisissait, et ils en suivaient toutes les prescriptions, partageant à la fois la table, le logement, les instructions, les prières et les mortifications des novices. Le zélé supérieur ne les perdait ainsi jamais de vue.

Quant aux Frères des autres écoles1, ils avaient hâte, dès que les vacances s'ouvraient, de venir à Vaugirard se ranger sous la houlette de leur bien-aimé pasteur. Quoique la maison parût trop petite, le père ne rejetait aucun de ses enfants. Au reste, dans la joie qu'ils éprouvaient d'être en famille, les Frères de province ne jugeaient point qu'aucune place fût incommode : une simple paillasse, sous le toit du grenier, leur suffisait pour passer la nuit, pourvu que, pendant le jour, ils pussent entendre les leçons de leur supérieur et participer à la vie commune. Ils rivalisaient alors de zèle avec les novices. On raconte qu'un Frère, venu à pied de fort loin et exténué par le voyage, demanda, dès le premier soir, la permission de prendre la discipline. Mais quel ne fut pas son désappointement , lorsqu'il s'aperçut qu'il avait perdu dans le chemin son instrument de pénitence! Il emprunta la discipline d'un Frère du noviciat, et il la lui rendit toute teinte de son sang. Lorsqu'on la montra le lendemain à M. de la Salle, le prudent supérieur ne témoigna aucune surprise de la sévérité avec laquelle ce fervent religieux avait traité son corps2.

Malgré les dépenses que lui occasionnait sa communauté, M. de la Salle savait encore exercer le devoir de L'hospitalité. Les pauvres y trouvaient un asile gratuit. Des ecclésiastiques même y étaient reçus; on leur laissait toute liberté de vaquer à leurs affaires; ils devaient seulement se conformer, à table, au régime des Frères,

: Bi un, p. 327. - '-' [bid., p. 327-328.

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