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REGIME AUSTERE DE VAUGIRARD

jeunes gens si retenus el si recueillis attira les regards sur la communauté. Lorsqu'on sut les exercices de vertu qui s'y pratiquaient, leur maison fut surnommée la Petite-Trappe, comme l'avait été déjà celle de Reims, et Ton avoua que Paris et Yaugirard n'avaient rien à envier au désert de l'abbé de Rancé1.

La vertu, même la plus austère, exerce une sorLe de fascination. Cédant à l'attrait qu'ils éprouvaient, de nombreux jeunes gens vinrent frapper à la porte du noviciat'2. Plusieurs subissaient l'entraînement d'une ferveur passagère ou de la curiosité, d'autres y furent poussés par la misère durant la cruelle famine de 1693; mais, après huit ou dix jours d'essai de cette vie austère, ces vocations légères ou intéressées s'évanouissaient. C'est ainsi que, des- douze sujets entrés en 1692, il n'en resta qu'un ou deux. Les âmes d'élite, seules, supportaient l'épreuve, et, chose étonnante, elles se recrutaient dans les classes aisées plutôt que dans les classes pauvres. Des trente-cinq sujets que comptait le noviciat vers 1695, deux seulement sortaient des rangs inférieurs de la société, tant il est vrai que l'idéal entrevu et poursuivi dans cette communauté naissante dépassait la portée des âmes vulgaires et n'était accessible qu'à des cœurs nobles et généreux.

1 On sait que l'abbé de Rancé, en se retirant du inonde, avait réformé la Grande-Trappe de Mortagne (Orne). Les rigoureuses pénitences qui se pratiquèrent dans cette maison firent l'étonnement et l'édification du grand siècle. — - Cf. Blain, p. 32b.

§ III

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