‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 138 sur 320 · IRAN-BAPTISTE DE I\ SALLE DÉVELOPPE LA VII INTÉRIEURE DE I INSTITUT · texte numérisé non relu

IRAN-BAPTISTE DE I\ SALLE DÉVELOPPE LA VII INTÉRIEURE DE I INSTITUT

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li OMPÔSI DIVERS OUVRAGES. — SES RELATIONS EXTERIEURES

Il LES Mil rS DE SON ZÈLE. — CONVERSIONS D'ÉCLAT

Durant les quatre années qui suivirent les vœux de 1694, M. de la Salir consacra -ou temps et ses forces à l'organisation intérieure de -mi Institut. La solitude de Yaugirard, avec la paix el le- avantages spirituels qu'elle

procurait aux Frères, favorisait ce développement de l'œuvre par le dedans. Mais, comme la vie ne peut croître en intensité qu'aux dépens de l'expansion . le fondateur dut lutter contre Les sollicitations qui l'invitaient à s'étendre.

.\vec un empressement que leur inexpérience rendait excusable, les Frères insistèrent auprès de M. de la Salle pour qu'il demandât à Rome des bulles d'approbation1. Ils étaient persuadés que l'appui de l'autorité suprême de l'Eglise assurerait la solidité de l'Institut. Ce sentiment, que le fondateur lui-même leur avait mis au cœur, témoigne de l'attachement que les Frères avaient, dès les commencements, pour l'Eglise romaine. Jean-Baptiste leur fît entendre que ce désir, tout légitime qu'il fût, était prématuré : la Règle n'était point définitivement fixée , des trois vœux de religion, un seul avait été prononcé. L'heure marquée par la Providence ne semblait pas venue ; au lieu de la prévenir imprudemment , il valait mieux attendre et se fortifier dans le silence.

Notre prudent instituteur rejeta de même les avances qui lui furent faites de diverses provinces. Ses écoles sulpiciennes avaient attiré, par la ferveur des maîtres el la bonne tenue des élèves, l'attention des ecclésiastiques du Séminaire. Ces jeunes prêtres, dispersés, après leurs éludes, dans toutes les régions de la France, v avaient fait connaître le nom de M. de la Salle et avaient exalté le succès des écoles charitables. Parmi les demandes qui lui furent adressées, aucune ne lui alla plus droit au cœur que celle du sympathique évèque de Chartres. Une sainte amitié l'unissait en effet, depuis longtemps, à son ancien condisciple de Saint-Sulpice ; de plus, il gardait un souvenir reconnaissant de la démarche par laquelle, en 1692, Paul Godet des Marais avait gagné la cause de son noviciat pies de l'archevêque de Paris et du curé de Saint-Sulpice.

1 Maillefeb . p. I 56

Il n'accéda à aucune demande, en cette année 1694, pas même à celle de son ami. Ne disposant que de trente Frères pour les six écoles de Paris et de la Champagne, n'eût-il pas affaibli son œuvre en divisant trop tôt ses forces? Plus tard, lorsqu'il aura formé de nombreuses recrues dans sou noviciat, il s'étendra sans danger : nous verrons que son ami, l'évêque de Chartres, sera servi l'un des premiers1.

Il concentra dès lors toute son activité sur son noviciat : « Personne ne sçavait mieux que lui, dit son biographe-, que toute l'espérance de la maison était fondée sur la manière dont on le faisait : aussi ne s'en rapportait-il qu'à lui-même pour l'éducation des novices. Ce tendre Père accompagnait partout ses enfants, les consolait, les animait, les instruisait, leur faisait des exhortations pathétiques et touchantes, présidait à leurs exercices, h> précédait dans les travaux les plus pénibles et dans les olïices les plus vils. Il montrait en sa personne la tranquillité avec laquelle il faut soutenir les railleries,... la douceur avec laquelle il faut recevoir les insultes, les outrages, les calomnies et les persécutions. »

« Il s'était chargé d'éveiller les Frères tous les jours ; et, lorsqu'il y avait manqué, il s'imposait une pénitence publique, qui consistait à demander pardon à la communauté et à manger, au pain et à l'eau, à genoux au milieu du réfectoire3. »

Les soins qu'il donnait à son noviciat l'incommodaient d'autant plus qu'il était accablé d'infirmités '. Par ses rudes disciplines il avait martyrisé son corps; ses jeûnes prolongés l'avaient affaibli; les froids humides de Vaugirard le rendirent tout perclus. Ses habits grossiers le protégeaient mal contre les intempéries de l'hiver; son lit étail toujours glacé; souvent il passait des nuits en

; M \n i i i i k . p. 133. Rlain , p. 348 Les écoles de Chartres furent fonen 1699. — ' Bi un, p. 332. — Maillefeb, p. II1». — 4 Ce qui Mut est emprunté & Maillefer, p. HT . el à Blain, p. 33 I .

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