FRÈRES ASSOCIÉS AU GOUVERNEMENT
dateur lui témoigna la même confiance et lui mit dans les mains la portion la plus chère de son Institut. Le lor juillet 1699, le frère Jean-Henry mourait, laissant à tous les Frères le souvenir d'une vie exemplaire. M. de la Salle, en faisant part aux absents de la mort de ce digne religieux, leur écrivit ces simples mots : Priez pour le frère Henry, qui est mort avec des sentiments tout extraordinaires de piété, le 1er juillet 1699 l. » Ces sentiments, le pieux malade les avait exprimés clans un entretien fort touchant qu'il fit à ses Frères rassemblés autour de son lit de mort.
Ce fut peu de temps après la mort du frère Jean-Henry que. le noviciat passa aux mains du frère Michel . et' maître impitoyable, dont la dureté mettra plus tard l'Institut à deux doigts de sa perte'2.
Vers la même époque, la charge de procureur-économe fut confiée au frère Thomas, qui joignait à la piété une grande aptitude pour les affaires temporelles. Le frère Jean-Chrysostome eut le soin des malades: il les assistait avec un zèle si entendu, qu'en 1703 M. de la Salle l'envoya à Chartres, au temps d'une épidémie qui décimait le- Frères; il y mourut victime de son dévouement. Enfin, le frère Jean, l'un des plus anciens de l'Institut, reçut la mission de former les jeunes maîtres par des conseils pédagogiques, et de surveiller leurs débuts par l'inspection des elasses. M. de la Salle avait trop de bon sens pour ne pas saisir de bonne heure la nécessité d'une préparation pour les maîlres d'école. Autant il s'appliquait à former de bons religieux par la piété e! la vertu, autant
1 I'.i.ain. l. II. Supplément, p. 76. — 2 Nous ne mentionnerons pas ici le frère Dominique, don! Blain, i. 11. p. 76, au Supplément, donne une biographie >i édifiante. Car le biographe nous paraît se contredire, lorsqu'il affirme, \>. 76, que frère Dominique entra au noviciat en L701 , et que cependant il fut maître des aovices après La mort de frère Jean- Benry, «mi L699 p. 78 . Nous savons qu'il ml plus tard, à Saint-Yon, rection des aovices : non-, ne pouvons dire à quelle époque il l'eut à Paris.
il avait à cœur de dresser l'instituteur à son métier par de bonnes connaissances techniques et par des exercices d'application '.
En associant ainsi des Frères de mérite à la direction de son Institut, le prudent supérieur se ménageait plus de loisirs pour veiller sur toutes ses fondations. Il les visitait en effet régulièrement, tant pour encourager les Frères au travail, que pour s'assurer de leur fidélité aux règles.
Ce fut dans l'une de ces visites, à Reims, qu'il fit l'acquisition de l'immeuble de la rue Neuve. Le lecteur se souvient qu'il y avait établi sa communauté, le 24 juin ! T>82. Depuis lors, il l'avait toujours gardé en location. Mais le loyer et l'entretien des Frères lui donnaient beaucoup de soucis; chaque année, il attendait que la Providence lui procurât les fonds nécessaires pour faire face à de grandes dépenses. Quoique la Providence ne lui eût point fait défaut et lui eût toujours suscité de généreux bienfaiteurs, surtout en la personne de son frère, le chanoine Louis de la Salle, il résolut, en 1700, de mettre fin à une situation si précaire. Par ses soins, une sorte de société civile se forma, en vue de pourvoir au logement et à l'entretien des Frères : elle comprenait Jean-Baptiste de la Salle, son frère Louis de la Salle, Claude Pépin, chanoine de Notre-Dame, et Pierre de Val, prêtre. Sa première opération fut l'achat de tout l'immeuble occupé par les Frères depuis 1682 et de la maison dite de la cour du Leu . sur la rue de Contrav-.
Cet immeuble" vrai berceau de l'Institut des Frères, demeura la propriété dv+ Frères jusqu'en 1791. Le 24 juin issu, il leur a été heureusement rendu par le comité des • coles libres de Reims.
1 Cf, l.i i lrd, Annales, I. I, p. 127-128. — ': L'acte (Tachai des deux premières maisons est daté du II aoûl 1700; pour La maison de la cour iln Leu, L'acte esl daté du 16 juin 1701. Voir la copie des minutes aux arcliives de la maison mère des Frères.