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ORGANISATION DES ÉCOLES SULPICIENNES 29S

lion et qui lui rendaient compte du résultat de leurs visites. Pour mettre à profit leurs observations, il réunissait tous les mois les maîtres et les maîtresses d'école, en présence des personnes qu'il avait chargées de la visite, et il concertait avec eux les moyens de procurer l'observation des règlements et de lever les obstacles au bien qu'on se proposait d'opérer1.

Tous les dimanches et l'êtes, plus de quarante ecclésiastiques se répandaient dans les diverses écoles pour y taire le catéchisme-.

Loin d'exiger des enfants aucune rétribution, on donnait même les fournitures de classe, livres, plumes, papier, encre, etc., aux plus indigents, c'est-à-dire presque à tous3.

Déjà M. de la Barmondière avait établi, de concert avec M. de la Salle, que les enfants seraient conduits tous les jours à la messe. Pour mettre ses écoles sous la protection spéciale de la très sainte Vierge, M. de la Cliétardve voulut qu'on les amenât, le premier samedi de chaque mois, à la messe solennelle et à la procession fondées par M. Olier en l'honneur de la Mère de Dieu. « Ce fut un spectacle bien consolant, dit Simon de Doncourt, de voir tant de jeunes gens, autrefois indisciplinables, marcher dans les rues modestement, deux à deux et en silence. Ils assistaient ensuite à la paroisse, avec le plus grand recueillement, à une messe solennelle de la très sainte Vierge, précédée d'une procession à la chapelle, à laquelle ils assistaient un cierge à la main. On leur v distribuait à chacun un pain bénit, qui était fourni par M"' de< Voisins1. -

Des écoles si bien réglées et si chrétiennement conduites étaient, pour la paroisse Saint-Sulpice, autant de

1 Gosselin, p. 124. — "2 Simon de Doncourt, I. III, \>. 168. — :! Ilml., I». 160 cl 108. — ' Ibid., t. 1, p. 58, et l. III, \>. 160. Cf. Blain., t. I ,. p. 363.

pépinières d'âmes religieuses. Dans les masses populaires du faubourg, les générations nouvelles, mieux élevées que les précédentes, faisaient monter le niveau moral de la paroisse. Aussi M. de la Ghétardye s'intéressait-il à ses écoles comme à son œuvre de prédilection. Il les visitai! tous les mois, en compagnie de M",L des Voisins, leur digne bienfaitrice. Il arrivait les mains pleines de récompenses, « qu'il donnait avec discernement, pour donner aux enfants de l'émulation et leur inspirer du respect pour les Frères préposés à leur instruction1. »

Un jour que M. de la Chétardye devait visiter l'école de la rue Saint-Placide. M. de la Salle s'y rendit pour le recevoir. A la vue des nombreux écoliers, — ils étaient plus de quatre cents, — qui remplissaient les classes, le curé de Saint- Sulpice ne put contenir sa joie, et, s'adressant au saint fondateur : « Ah! monsieur, s'écria-l-il, quelle œuvre ! Où serait maintenant celle foule d'enfants, si elle n'était pas ici réunie? On les verrait courir les rues, se battre et faire à leurs dépens le funeste apprentissage du mal et du péché. » Il interrogea ensuite les enfants sur les mystères de la religion, et il fut si charmé de leurs réponses, si édifié de leur modestie cl du bon ordre qui régnait parmi eux, qu'il embrassa les frères pour leur en témoigner toute sa satisfaction. M'"c des Voisins ne fut pas moins touchée des heureux résultais de ces écoles charitables, et plus d'une fois, dans la suite. ses sympathies pour les Frères s'exprimèrent par d'abondantes libéralités:.

Le merveilleux succès de l'école Saint -Placide excita i\<- nouveau la jalousie des maîtres d'écoles. Depuis 1690, ils n'avaienl point inquiété les Frères. Vers le milieu de 1699, alarmés du progrès des écoles charitables, ils résolurent de se faire justice à eux-mêmes \ Pénétrant par

1 M mm ni a, p. 144.— - Bi mn. I. I. p. 363, 364. - - ! Cf. Maiu. 1 1 r, p. 1 is. et l'.i un i. I . p. 362.

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