‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 155 sur 320 · DES JEUNES IRLANDAIS. FONDATION" D'UNE ÉCOLE DOMINICALE · texte numérisé non relu

DES JEUNES IRLANDAIS. FONDATION" D'UNE ÉCOLE DOMINICALE

Le soin des écoles n'absorbait qu'en partie l'attention de Jean -Baptiste. Il avait conscience que sa mission le destinait surtout à la formation des maîtres, et il s'y adonnait activement. Son plan comprenait deux institutions : des maîtres religieux ou Frères pour les villes, des maîtres laïques pour la campagne. Il avait été amené à cette double création, nous l'avons dit, par la volonté bien arrêtée de ne jamais placer aucun Frère isolé dans les écoles de village.

Jusque-là, l'institution des maîtres religieux avait réussi, en dépit des contradictions; en 1698, les Frères étaient plus nombreux que jamais. Mais le séminaire des maîtres de campagne, si heureusement commencé à Reims par Jean-Baptiste, était tombé, en 1690. entre les mains inexpérimentées du frère Jean -Henry.

A peine fut-il installé à Notre-Dame des Dix-Vertus, que Jean -Baptiste résolut de relever le séminaire des maîtres laïques. Nous lisons en effet, à la date du Tr décembre 1698, dans les Remarques historiques sur la pnrois.se de Suint-Sulpice l} que la maison de Saint-Cassien abràfcaàl - Irente-einq à quarante jeunes gens que Ton forme uniquement pour devenir de bons maîtres d'écoles, et élever chrétiennement et gratuitement les pauvres eiiliints, tant à Paris que dans les autres provinces du royaume ».

1 Simon de Doncourt, t. III, p. 169. Il se peut que, dans <■<■ oombre, soient aussi compris les novices de l'Institut : mais nous ne croyons pas

qu'il -'.-laisse ici seulement des novices.

A la même époque, Michel Lebreton , curé de Saint- Hippolyte, au faubourg Saint-Marcel, frappé du grand bien que les écoles charitables produisaient sur la paroisse Saint -Sulpice, fut inspiré de procurer les mêmes avantages à la population de son quartier. Il obtint de M. de la Salle deux Frères, « pour enseigner le catéchisme, à lire et à écrire aux pauvres jeunes garçons de la paroisse ' . »

Mais ce docteur de Sorbonne avait une grande âme. Le bien opéré près de lui ne suffisait pas à son zèle apostolique ; il conçut le dessein d'étendre aux paroisses rurales le bienfait dv> écoles chrétiennes. Le projet était mûr depuis quinze ans dans l'esprit de M. de la Salle. Aussi le fondateur des Frères et le curé de Saint-Hippolyte furent -ils promptement d'accord sur la fondation d'un séminaire de maîtres laïques pour la campagne. C'était une c< école normale » qui allait s'ouvrir à Paris. M. de la Salle se chargerait de la direction; le curé de Saint- Hippoly te assurerait les conditions matérielles d'existence '-'.

La Providence facilita la prompte exécution du projet. A la prière du vertueux curé. M. Lemovne donna une maison, située rue de l'Ourcinc : un autre ecclésiastique promit huit cents livres de rente; d'autres généreuses contributions permirent de commencer l'œuvre3. M. de la Salle mit à la tète du séminaire l'un de ses plus chers disciples, Nicolas Vuyart, celui-là même qui, le 21 novembre 1691 . avait t'ait vœu. avec Gabriel Drolin, « de demander l'aumône et de vivre de pain seulement. » plutôl que d'abandonner l'œuvre des écoles; un autre Frère lut adjoint à Nicolas Vuyart. Des jeunes gens pieux et intelligents, venus de la campagne, peuplèrent la maison.

1 Archives nationales, I . 655. Minutes il'- M. Richer. — s Blaim p. 365. — :1 Ibid., |>. 365.

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