‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 165 sur 320 · OCCASION DE CES EPREUVES · texte numérisé non relu

OCCASION DE CES EPREUVES

valions du curé de Saint-Sulpice sur la tenue des écoles, il ne reconnaissait qu'à rassemblée des Frères le privilège de modifier la direction intérieure de la communaulé. Que deviendrait l'Institut, si on en changeait les règles au gré des étrangers qui les critiquent? La solidité de l'œuvre ne demande-t-elle pas la stabilité de< règlements adoptés? Au reste, que gagnerait- on à supprimer les austérités? Une vie trop douce n'a-t-elle pas toujours amené le relâchement et la ruine des communautés?

Fort de ces principes de juste indépendance et de religieuse sévérité, M. de la Salle tint ferme pour les pratiques en usage dans son Institut. Il garda, en face de M. de la Chétardye , la même attitude qu'en face de M. Baudrand; et, de nouveau, il passa « pour un homme trop entêté de son sentiment, plein de lui-même, dur, sans miséricorde pour les Frères de sa communauté1 ». La situation était donc tendue entre M. de la Salle et M. de la Chétardye, lorsque survinrent deux faits regrettables qui firent éclater l'orage que nous avons à raconter.

C'était à l'automne de 1702. M. de la Salle était absent; il visitait alors, croyons-nous, les écoles de Chartres. Le maître des novices, frère Michel, religieux fervent sans doute , mais animé d'un zèle impétueux et sans retenue, imposa à de jeunes postulants en faute, des corrections indiscrètes dont ils gardèrent la trace-. Si le Saint eût été présent, il eût modéré l'ardeur du maître des novices; il eût apaisé, par sa paternelle bonté, le chagrin des enfants châtiés; il eût cicatrisé . par ses manières saintement insinuantes, la douloureuse plaie de leurs cœurs. Un mot de lui suffisait d'ordinaire pour calmer les âmes. Lui absent, les postulants maltraités allèrent porter plainte au curé de Saint-Sulpice. M. de la Chétardye, qui avait sous les yeux la preuve des dureté- qu'il reprochait aux Frères, fît bon accueil aux mé-

1 M Aii.r.i i i r: , j.. 161. — - Blain, t. I. p. 401.

contents. Il prit par écrit leur déposition et la leur fit signer1. Au lieu de distinguer entre la conduite imprudente du maître des novices et le taet habituel que le vertueux supérieur portait dans son gouvernement, il attribua à M. de la Salle les excès auxquels s'était livré le frère Michel. Un supérieur capable de tolérer, sinon d'inspirer, des pratiques si indiscrètes, lui paraissait impropre à diriger sa communauté. Cependant M. de la Chétardye ne précipita rien; il se tut et attendit.

Un autre l'ait vint bientôt corroborer les préjugés du curé de Saint -Sulpice. Le frère Ponce, directeur des Frères des écoles de la rue Princesse, n'était ni moins violent ni moins imprudent que le maître des novices. Un dimanche, il se trouvait, avec sa petite communauté, au noviciat de la Grand'Maison , lorsqu'il s'oublia jusqu'à corriger durement un jeune novice qui s'exerçait, sous son autorité, aux écoles de la rue Princesse. Si repréhensible que lut son subordonné, le frère Ponce avait dépasse la mesure. Sous le coup de la douleur el de l'humiliation, le novice, irrité, prit la fuite et alla montrer au curé de Saint-Sulpice « les marques du mauvais traitement qu'il avait reçu- . A celle vue. M. de la Chétardye ne put se contenir. Il s'imagina, trop hâtivement. i\\w vv> violentes répressions n'étaient pas des faits isolés, mais constituaient un système, puisque les deux représentants de M. de la Salle en usaient avec une égale rigueur. In tel état de choses ne pouvait se prolonger, pensait -il. et la xlestilution du supérieur était l'unique moyen de remédier au mal.

Obsédé de ces pensées. M. de la Chétardye reçut par cent les plaintes de la victime; puis un rapport fut rédigé qu'il présenta, probablement3 lui-même, à l'archevêque.

1 Ri .un , |'. 402. — '-' Ibid., p. 103. — :: Nous disons probablement ', car -i M. «If La Chétardye fui L'âme de cette affaire, il se peul que la plupart tics démarches aieni été laites par un autre; il se peut ;m>>i qu M .lit , de bonne toi , subi l'influence de quelque personne moins bien

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