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Déjà les maîtres des petites écoles s'étaient attaqués } M. de la Salle el aux Frères. Par deux fois, en 1690 et en 1699, le chantre de Notre-Dame leur avait donné
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gain de cause: mais en appel, devant le Parlement, ils avaient été déboutés de leurs prétentions. L'échec de 1699 ne les avait poinl découragés : ils n'attendaient qu'une occasion propice pour recommencer la guerre. L'occasion parut bonne à saisir au début de Tannée 1701.
En effet, si M. de la Salle avait fini par triompher dans les précédents assauts, c'était grâce à la puissante influence des curés de Saint -Sulpice. En 1699, par exemple. M. de la Chétardve avait mis en jeu l'intervention de Mme de Maintenon. Mais, depuis lors, la l'ace des choses avait bien changé. Depuis deux ans. le curé de Saint- Sulpice était en froid avec M. de la Salle; il semblait ne lui donner qu'à regret les subventions promises : était-il croyable qu'il dût prendre chaudement sa défense ? D'ailleurs. M. de la Salle avait transporté son noviciat loin de Saint-Sulpice ; si on s'attaquait d'abord aux écoles de la rue de Gharonne, quel intérêt M. de la Chétardve pourrait- il avoir à défendre des Frères indépendants de lui? Ces raisonnements ne furent certainement pas étranger- à la résolution de reprendre la lutte.
Les maîtres écrivains, qui n'avaient pas encore remué, entrèrent les premiers en ligne. L'arrivée de ces nouveaux adversaires était fort à redouter. Aussi habiles dans leurs intrigues qu'audacieux dans leurs prétentions, ils avaient su vaincre, dans une série de procès, la Communauté des petites écoles et l'Université elle-même; ils auraient donc aussi bon marché de gens simples et faibles comme étaient les Frères.
Comme ils entendaient garder pour eux seuls ie droit d'enseigner l'écriture , le dessin et l'arithmétique . ils accusaient les Frères d'avoir entamé leur monopole. Ils avaient vu avec dépil s'ouvrir l'Ecole dominicale et le séminaire des maîtres d'école; dans l'Ecole dominicale, les Frères ne se bornaient plus aux premiers éléments des sciences; au séminaire de Sainl-Hippolyle . il- préparaient des maîtres qui feraient concurrence rui\ éCri-
vains : autant d'empiétements qu'il importait de réprimer sans retard. D'ailleurs, les maîtres écrivains s'unissaient aux maîtres des petites écoles pour se plaindre de ce que les Frères recevaient dans leurs classes des enfants qui n'étaient pas absolument indigents : les uns et les autres voyaient, dans cette admission trop large, un grave préjudice causé à leurs intérêts.
Ces plaintes des maîtres écrivains lurent portées devant le lieutenant de police, le i lévrier J7IH1, dans une requête dirigée contre M. de la Salle « et plusieurs autres particuliers dont il se disait le supérieur, qui, sans aucun titre ni qualité, tenaient, sous prétexte de charité, plusieurs écoles2 ». A la requête était joint un Mémoire contenant les noms des enfants dont les parents étaient jugés en état de payer ailleurs la rétribution scolaire3. En vertu d'une ordonnance du lieutenant de police, deux commissaires se rendirent à l'école de la rue de Gharonne, le 7 février, et opérèrent la saisie de tout ce qui servait à écrire. Plumes, encriers, cahiers, modèles, l'enseigne même de l'école, tout fut consigné sur le procès-verbal, puis confié à la garde des Frères. Deux jours après, les Frères reçurent l'ordre de comparaître au Chàtelet devant la chambre de police1.
AI. de la Salle calma les Frères alarmés et les engagea à continuer leurs classes comme si rien ne fût survenu. Il ne se mit point en peine de répondre aux accusations portées contre lui. Jugeait- il sa cause assez claire pour n'avoir point besoin d'être expliquée devant un juge impartial, déclinait-il la juridiction de la chambre de police dans une question où il s'agissait d'écoles de charité, ou bien sentait-il qu'il n'y avait rien à tenter contre do adversaires aussi passionnés et aussi puissants que les niai lus écrivains? Toujours est- il qu'il ne répondit
1 Date indiquée dans l'arrêl «lu 22 février. — - Blain, t. II, p. 8. — Ibid., p, n. — ' L'assignation fui portée le 9.