DÉPARI DE I.A RUE DE CHARONNE
écoles sulpiciennes. Dans un acte notarié du 3(1 septembre 1 TOi. on voit qu'ils sont allés porter leurs doléances près du svndic de la communauté des maîtres écrivains, et qu'ils se sont plaints de ce que M. de la Salle et les Frères continuent ■< de recevoir des enfants de bourgeois », en dépit des sentences portées contre eux par la police du Chàtelet. Ils « déclarent que ces commerces et pratiques leur sont très préjudiciables, et que, depuis le renouvellement, ils se voient dénués de leurs meilleurs écoliers, enfans de famille, et les empêchent de gagner leur vie... »-. En conséquence, le syndic Lambert demande qu'on presse 1 exécution, dans toutes les écoles, des sentences portées contre « lesdits sieurs de la Salle et prétendus Frères1 ».
Ces menées avaient pour but de faire subir aux écoles de Saint- Sulpice le même sort qu'à l'école de la rue de Gharonne. Elles continuèrent plus ou moins ouvertement durant toute l'année 1705, et nous verrons, après avoir parlé des établissements de Rouen, comment se termina, en 1706, cette trop longue crise.
Depuis le pillage de son école, M. de la Salle ne savait que faire de sa maison du faubourg Saint- Antoine. Il était si pauvre, qu'il ne pouvait plus longtemps en payer le loyer. Une personne charitable lui ayant prêté une sorte de hangar pour y mettre ses meubles à l'abri , il en déposa là une partie et fit transporter le reste en cachette chez les Frères de la rue Princesse. Son noviciat d'ailleurs était peu nombreux, tant la persécution avait nui au recrutement. Avec le peu de novices qu'il avait encore, il se retira sans bruit chez les Frères de Saint -Sulpice. dans les premiers jours de janvier 17052.
Ce séjour était pour lui sans sécurité; il craignait tout à la l'ois de mécontenter Le curé de Saint-Sulpice et d ex-
: Pièce notariée de Me Gaillardin, dont nous .nous trouvé la copie aux Archives 'les Frères. — -' Blain, p. 14.
citer l'animosité des maîtres d'école. Aussi saisit-il avec empressement l'occasion qui lui fut bientôt offerte d'en sortir. De la paroisse Saint-Roch on lui demanda deux Frères pour tenir école. Il les accorda volontiers et se retira avec eux dans une maison de la rue Saint-Honoré. près du célèbre cou veut des Jacobins. Il espérait, en se faisant oublier, se soustraire aux tracasseries dont il était l'objet.
L'école de Saint-Roch ne resta guère plus de trois ans1 sous sa direction. Il en retira ses Frères et laissa l'école à déjeunes laïques, parce que les prêtres de la paroisse exigeaient de ses disciples des services qu'il jugeait incompatibles avec les sages règlements de son Institut. Pour l'aire à l'église les surveillances qu'on leur demandait durant les catéchismes, les Frères auraient dû omettre, eu effet, plusieurs de leurs exercices de piété.
Les grandes épreuves que notre Saint endura à Paris, durant plus de deux années, ne servirent pas seulement à épurer sa vertu: elles le détachèrent de Paris et l'inclinèrent à accepter les offres avantageuses qu'on lui faisait du côté de Rouen. C'est là que nous allons voir l'Institut prendre son assiette définitive.
1 Tandis que Blain , p. 14, dii (lcii\ an-, nous disons Irois, parce que nous avons sous les yeux la copie d'un acte passé devant notaire,
te M février I70N, dans lequel M. de la Salle est dit domicilié sur la
paroisse Saint-Roch, rue Saint-Honoré. Cette pièce, qui établit lo chanoine Louis procureur de son frère, pour la succession do M"1" Lespagnol, -r trouve aux Archives de la maison mère des Frères.