‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 186 sur 320 · ECOLES CHARITABLES DE ROUEN M · texte numérisé non relu

ECOLES CHARITABLES DE ROUEN M

subissaient les anciens maîtres. La délibération prise à ce sujet par le Bureau mérite d'être citée '.

« Dernier mars 170."). Comme le Bureau est informé que les écoles publiques, qui sont fondées dans les quatre quartiers de la ville pour l'instruction des enfants des pauvres d'icelle, ne sont pas dirigées el conduittes avec tout le soin possible par les maistres que ledit hôpital y a préposez, il a été arresté qu'on fera incessamment venir deux frères des écoles de charité de Paris, qui sont personnes consommées dans l'instruction de la jeunesse, pour estre mis à deux desdites escolles, qui auront leur nourriture et leur logement dans ledit hôpital, à chacun trente-six livres par an pour leur entretien, sauf à remplacer les deux qui sortiront des dites écoles à quelque autre employ dans ledit hôpital ou les y laisser vivre conjointement avec les autres maistres pour reconnaissance de leurs services, ainsy que de raison... »

Ces dures conditions, moins faites pour attirer les Frères que pour les rebuter, n'allaient-elles point décourager M. de la Salle? Il était assez désintéressé pour fermer les yeux sur la modicité du traitement ; mais accepterait-il que les Frères, logés à l'hôpital et employés au service des pauvres, fussent mis dans l'impossibilité de vaquer librement à leurs exercices de communauté? Cédant aux instantes prières de l'archevêque et du premier président, heureux d'ailleurs de s'ouvrir, même à ce prix , une porte dans Rouen , il souscrivit aux conditions imposées cl prépara deux Frères- à cette nouvelle fondation.

1 De Beaurepaire, t. II, p. 337, d'après le Registre <lrs délibérations 'lu Bureau. — '2 Blain, t. II, p. 2:!, suivi d'ailleurs par Lucard, Annales, l. I, p. I7:>, dit qu'il y eut cinq Frères employés aux écoles de Rouen dès 1705. Ce chiffre doit être faux; car toutes les pièces officielles du Bureau disent clairement <pfil n'y en eut que quatre jusqu'en 1707. Cf. Registre des délibérations du Bureau des oauvres valides Archives de la Préfecture, à Rouen.

M. de la Salle 1rs accompagna à Rouen. Le voyage, qui se fil à pied, fut une sorte de retraite. Tous les exer- 3 de communauté s'y faisaient à l'heure marquée par les règlements; Le silence n'était interrompu que par la prière à haute voix ou par Les pieuses exhortations du Saint. Arrivés à Rouen, ils se rendirent au Bureau de l'hôpital, le 19 mai I70Ô. L'un d'eux fut envoyé à Darnélal pour y remplacer le frère Ponce: le frère Ponce lui chargé de diriger le- débuts de la petite colonie à Rouen1. L'école de Saint -Maelou et l'école de Saint- Godard leur furent immédiatement attribuées. Sur le registre des délibérations du Bureau, on signale leur arrivée et. on trace leurs obligations.

« 19 mai 170.'). Se sont présentez au Bureau dv\{\ Frères de la charité de Paris, arrivez depuis quelques jours de ladite ville de Paris audit hôpital, pour être employés aux écoles des pauvres de cette ville pour leur instruction, en exécution de la délibération du Bureau du dernier de mais dernier. — sur quoi délibéré, il a été arresté, suivant et au désir de ladite délibération, que lesdits deux frères sont admis dans ledit hôpital, pour y être de là envoyés pour enseigner les enfans des pauvres de la ville. L'un à L'école de Saint-Maclon et l'autre en celle de Saint-Godard, — et hors des heures de leurs écoles s'emploieront conjointement avec les autres maistres rvir les pauvres, comme il est d'usage dans ledit hôpital, tant aux heure- i\v^ repas que dans les instructions accoutumées, et seront logez et nourris en la manière ordinaire, et continuera le maistre ordinaire de la grande école de Saint-Maclon

Le Bureau prit bientôt confiance dans l'enseignement de- Frères. Car, de- le 26 mai. le Frère de Saint-Maclou reçut la direction de la grande école3; le I I août suivant.

1 Lettres, série <;. n° S3. — '-' Délibération extraite du Registre. — D'après M . i • i Bi ai m p ure , t. II, p. 3 i

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