LES FRERES SORTENT DU BUREAU
sation de vie eût amené dans l'Institut les pins fâcheuses conséquences.
M. de la Salle, qui venait souvent de Paris à Rouen pour visiter ses disciples, gémissait de cette déplorable situation ; il priait et jeûnait pour obtenir de Dieu que des conditions plus favorables leur fussent faites. Il espérait que les administrateurs du Bureau prendraient en pitié ses enfants et les déchargeraient d'une partie de la tache. Mais les administrateurs, plus attentifs aux avantages du Bureau qu'aux intérêts des Frères, se gardaient bien de toucher à une organisation dont ils tiraient un si grand profit. Durant deux années entières, rien ne fut changé dans la vie des quatre maîtres.
Lassés d'un travail qui excédait leurs forces, les Frères écrivirent, au printemps de 1707, un Mémoire sur la nécessité de sortir du Bureau, où leur vertu courait autant de risques que leur santé. M. de Pontcarré, à qui M. de la Salle en fit part, l'engagea vivement à rédiger une requête, en vue d'obtenir du Bureau que les Frères pussent vivre, suivant leurs propres règles, dans une maison à eux.
La requête de M. de la Salle était aussi peu exigeante que possible. Il demandait la permission de retirer les Frères de l'hospice et de les loger dans une maison particulière. Il s'offrait à tenir les quatre écoles charitables de la ville et celle de l'hospice, en plaçant deux Frères dans chacune d'elles. Pour le traitement, il s'en rapportait à la générosité de messieurs du Bureau; il les priait seulement d'assurer aux Frères des moyens convenables de sécurité matérielle.
Une offre si désintéressée était trop belle pour ne pas plaire aux administrateurs. Aussi fut-elle acceptée par la délibération du 2 août 1707 '.
' Extrait du Registre des délibérations : nous passons les considérants, qui ne font que répéter ce que !<■ lecteur s;iil <U''j;'>.
il a été arrêté que ledit sieur de la Salle fournira annuellement dix Frères de son Institut qui pourront se nourrir, loger et entretenir conjointement ensemble, en telle maison dans la ville qu'il avisera bien. Huit desquels s'appliqueront journellement à l'instruction des pauvres garçons de laditte ville, leur apprendre à lire, écrire el 1rs principes de la religion chrétienne, savoir : deux àl'école de Saint-Godard , deux à Saint-Eloi, deux à celle de Saint-Maelou et deux à Saint- Vivien ', qui sont les quatre quartiers destinez a cette (in dans laditte ville. Auxquelles écoles ils ne pourront recevoir que les enfans pauvres de la ville et faubourgs, en vertu desdits ordres de messieurs les administrateurs, suivant l'usage ordinaire; conformément auxquels lesdits Frères feront assembler chacun de leurs éeoliers. les dimanches et fêtes, dans chacun leur école, pour les conduire à la grand'messe et vespres dans l'heure propre de chacune desdittes paroisses ci-dessus, et de faire le catéchisme dans leurs dittes écoles, lesquelles demeureront toujours sous la dépendance dudit hôpital et direction de messieurs les administrateurs, qui pourront les visiter toutes les fois et quante-. Fis bancs el tables (lesquelles écoles, ainsi que les réparations, seront entretenus par ledit hôpital. « Que les deux Frères qui viendront tous les jours dans y celui hôpital, pour y apprendre à lire et à écrire aux pauvres garçons y renfermes, les instruire des principes de leur religion et apprendre à prier Dieu, ce qu'ils pratiqueront depuis huit heures jusqu'à onze heures du matin, et depuis deux heures jusqu'à cinq heures après-midi, sans que ledit hôpital soit tenu de leur fournir aucune nourriture en y celui. Fl seront tenus tous les dimanches qu'il n'y a point de salut . de
' Ce qui prouve que le- Frères n'avaienl pas encore Sainl-Vivien, e'esl que la même délibération règle la situation qui sera faite à l'instii uteur rnlcv é de cette école.