‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 190 sur 320 · NOVICIAT DE SAINT-YON · texte numérisé non relu

NOVICIAT DE SAINT-YON

S II

SAINT-YON. — ETABLISSEMENT Dl NOVICIAT. — PENSIONNAT DEJEUNES — PENSION DE FORCE

Dès son arrivée à Rouen, le cœur de M. de la Salle s'était ouvert à l'espérance. Les chaudes sympathies qu'il avait éprouvées de la part du clergé et de la magistrature lui avaient inspiré le dessein de transporter à Rouen le siège de son Institut et d'y établir son noviciat. (Iondamné depuis deux ans à errer de maison en maison, le noviciat se recrutait avec peine et ne trouvait pas le recueillement dont il avait besoin. A l'époque de l'installation des Frères, en mai 1705, M. de la Salle exprima donc ses désirs à M. Colbert et à M. de Pontcarré. Tous les deux approuvèrent avec joie sa proposition , et prirent l'affaire tellement à cœur, qu'ils s'engagèrent à payer tous les frais du déplacement1.

L'archevêque lui-même désigna la maison qu'il jugeait la plus propre à recevoir un noviciat. C'était une antique demeure seigneuriale, située au sud de la Seine, dans le faubourg Saint-Sever. Les bâtiments en étaient vastes; un enclos de sept hectares, planté de grands arbres, les entourait. Le quartier aujourd'hui si populeux de Saint- Sever était alors très calme : de nombreuses communautés religieuses2 y entretenaient un silence très propice à la méditation. Connue autrefois sous le nom de manoir de Hauteville, la propriété, depuis 1615, s'appelait Saint -Von. Le seigneur de Saint- Von, qui lui avait

1 Maillefer, p. 195. — - On y remarquait entre inities le prieuré de Bonne-Nouvelle, fondé par Guillaume le Conquérant, parce que Ma thilde y priait lorsqu'elle apprit la victoire d'Hastings : le couvent des Chartreux; l'abbaye de Saint-Julien.

donné son nom, y fit bâtir une petite chapelle. En 1670, M -le Bois-Dauphin en lit l'acquisition en faveur des dames bénédictines de l'abbaye de Saint- Amand. Ces religieuses, dont le couvent était dans la ville de Rouen, s'en servirent comme d'une maison de campagne, où les Sœurs fatiguées allaienl renouveler leur santé ; la chapelle, trop étroite pour elles, lui alors agrandie1. M. Colbert souffrait avec peine que ces dames, astreintes à la clôture, eussent pris dv> habitudes peu conformes à leurs règles. Aussi profita -l- il de L'occasion qui lui fut offerte, en ) 7(>.> . de les faire rentrer dans la discipline. La maison étant tombée alors, par héritage, entre les mains de la marquise de Louvois -, veuve de l'illustre ministre de Louis XIV, l'archevêque de Rouen pria M. de la Salle d'aller en toute hâte à Paris, afin de proposer à la marquise de prendre en location sa nouvelle propriété.

M' de Louvois connaissait M. de la Salle etles Frères; elle en avait entendu faire l'éloge par son beau -frère Maurice Le Tellier. archevêque de Reims, et par son propre lils. l'abbé de Louvois. Aussi fit-elle à la demande du supérieur des Frères le meilleur accueil. Elle passa avec lui un bail de six ans, et lui concéda, pour quatre cents livres seulement, l'usage de l'immeuble et du vaste enclos de Saint- Yon.

Sans larder. M. de la Salle fil partir ses novices et transporter les meubles; tout se lit si promptement, que la communauté était déjà établie à Rouen, lorsqu'on en prit connaissance à Paris. Devant le fait accompli, l'opposition, h elle s'était produite, eût clé désarmée.

' L'église actuelle de Saint-Yon l'ut bâtie par les Frères, de 1728 ,'i 1734. Périaux, Histoire sommaire et chronologique de la ville de Rouen.) — - M"" de Bois-Dauphin laissa sa maison aux dames «le Souvrai, ses belles-sœurs, religieuses de Saint -Amand, puis ;'i Mme de Barantin, -a oièce, aussi religieuse 'lu même couvent. A la mort de

(-•■lie-ci , eu 1705, la maison revint j la lille de M,ue de Bois- Dauphin, Anne de Souvrai, veuve de Miche] Le Tellier, marquis de Louvois.

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