‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 196 sur 320 · S IV · texte numérisé non relu

S IV

FONDATION D ECOLES A DIJON, A MARSEILLE, A MENDE , A VALREAS , A ALAIS, A GRENOBLE, A SAINT - DENIS. VISITE DES ÊCOl

Durant les années que nous venons de parcourir , les établissements de Rouen et de Paris n'épuisèrent pas toute l'activité de M. de la Salle. Quelque absorbé qu'il fût, par les œuvres de Saint- Yon en particulier, il lui resta encore assez de force morale pour diriger des fondations nouvelles. Cette époque fut même, pour l'Institut, le temps de sa plus grande expansion extérieure.

L'école de Dijon se présente la première en date : elle fut ouverte vers les fêtes de Noël de l'année 1705 !. Il n'y avait pas encore d'école de charité dans la capitale de la Bourgogne. Ému de l'abandon des enfants pauvres, M. Languet de Gergy avait donné huit mille livres, soit quatre cents livres de rente, pour entretenir deux maîtres d'école. Son neveu, Claude Rigoley, premier président de la Chambre dv> comptes, homme charitable et pieux, cpii communiait tous les jours, se chargea de

1 Nous donnons cette date d'après une lettre de M. de la Salle : « Vers Noël, nous aurons des Frères à Dijon. » Lettres, n° 53. Si M. de la Salle écrivait cela le 4 septembre 1705, les Frères n'étaient donc pas à Dijon depuis le mois de juin, comme l'uni affirmé ions les biographes. Dans la même lettre, M. delà 9alle annonce qu'il y aura aussi des Frères à Brest; il ne paraît nulle pari que celle fondation ait été faite.

i-2i L'ETABLISSEMENT DE ROUEN

la fondation. Il offrit un local pour les classes et pour le logement des maîtres, sur la paroisse Saint- Pierre. C'était sans doute par son beau - frère , M. Languet de Gergy, alors vicaire de Saint-Sulpice et préposé aux écoles1, qu'il connaissait les Frères. Il écrivit à M. de la Salle pour lui demander deux maîtres, et notre Saint se rendit avec empressement à son appel.

L'école de Saint -Pierre eut un tel succès, les enfants y affluèrent en si grand nombre, qu'il fallut, peu de temps après, créer deux autres écoles. Pour l'entretien des six Frères, la première rente ne suffisait plus. Mais la charité de la ville y suppléa; car les riches se cotisèrent pour soutenir une œuvre qu'ils jugeaient si importante. Entre toutes les familles, celle de Claude Rigoley manifesta, à l'égard des écoles, un zèle dont la mémoire ne doit pas périr.

Au reste, les pauvres eux-mêmes savaient émouvoir le cœur des riches en faveur de leurs enfants. Une lettre, signée a les pauvres de Dijon », nous est restée comme un monument de la sollicitude avec laquelle les indigents se préoccupaient de l'éducation de leurs enfants. Nous donnons un exhail de cette pressante supplication adressée aux classes aisées, non seulement parce que c'est une belle page dan- l'histoire générale de l'éducation et dans l'histoire des Frères en particulier, mais aussi parce qu'elle sera, au temps présent, une utile leçon2.

\ ous savez, -messieurs, combien celte Aille est remplie de pauvres et dépourvue de personnes zélées pour veiller à l'instruction et à la bonne éducation de nos

M. Langue! de Gergj succéda, en I 7 li , à M. de la Chétardye dans In cure de Saint-Sulpice. Sa sœur étail la femme de Claude Rigoley. — • Cette lettre a été publiée la première fois par Armand Ravelet. Elle '\.'ii été imprimée pour être distribuée aux notables de la ville: un exemplaire se conserve aux Archives 'lu pensionnai des Frères de Dijon, Liasse A, a0 22. Cf. Historique des Frères des Écoles chrétiennes de Dijon . aux mêmes Archi\ es.

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