‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 197 sur 320 · LETTRE DES PAUVRES DE DIJON · texte numérisé non relu

LETTRE DES PAUVRES DE DIJON

enfants : ce qui est cependant, comme chacun en convient, l'œuvre la plus nécessaire, tant pour le public que pour les particuliers. C'est ce qui nous fait recourir avec une grande confiance à votre charité, que nous supplions humblement de vouloir seconder les desseins de la Providence , qui vous fournit une occasion si favorable d'élever nos enfants chrétiennement et de procurer leur salut...

« Vous êtes, messieurs, notre ressource et notre appui dans le grand bien qu'on veut nous procurer à perpétuité, mais qui va tomber, si vos mains charitables ne le soutiennent. Nous attendons cette grâce de votre solide religion et de votre ardente charité : notre espérance est d'autant mieux fondée que nous avons l'honneur d'être unis à vous par une- même foi, d'être vos compatriotes, vos voisins, de voir nos pauvres domiciles unis aux vôtres. Nous sommes tous, pour ainsi dire, enfants d'une même mère, la sainte Eglise, les brebis d'un même troupeau, les disciples et les serviteurs d'un même maître, Jésus-Christ, notre même Pasteur; nous participons tous au même pain paroissial, à la même parole de Dieu, aux mêmes saints offices, aux mêmes sacrements, à la même Table du Seigneur, à la même Pâque. et nous espérons nous voir tous un jour réunis dans l'héritage de notre commun Père céleste, peut-être à cause de ce saint établissement. Enfin nous sommes. pour ainsi dire, les sentinelles et les gardes de vos maisons, pour la défense desquelles nous sommes prêts à sacrifier nos vies.

« Que tous ces motifs vous engagent doue, messieurs. à ne point nous abandonner dans une occasion si importante. De notre part, nous osons vous assurer, messieurs, que nous allons tous redoubler nos prières et nos vœux pour demander au Seigneur qu'il vous comble, vous et vos familles, de toutes sortes de bénédictions spirituelles et temporelles, et qu'il prolonge des jours auxquels sont

i-v, L'ÉTABLISSEMENT DE ROUEN

attachés à perpétuité la gloire de Dieu, le retranchement de l'ignorance, delà fainéantise et de tant d'autres vices de la jeunesse, l'emploi de son temps, la paix et la tranquillité des parents dans la maison, et du public dans les églises et dans les rues, l'entretien de ces Frères dont la vie esl si régulière ei si utile au public, le salut de lant de pauvres familles qui n'ont pas de quoi payer des mois aux maîtres d'école et qui emploieraient plus volontiers leur apgewl à payer leur taille ou à d'autres besoins de la maison, enfin l'instruction et la bonne éducation de tan I de pauvres enfants, pour ainsi dire abandonnés, et l'éditiealion générale de toute la ville. Heureux si, par ees marques sineères de notre juste reconnaissance, nous pouvons vous témoigner avec quel respeel et quelle soumission nous avons l'honneur d'être, messieurs,

« Vos très humbles, très soumis et très obéissants serviteurs,

Signé : « Les pauvres de Dijon. »

Au moment où s'ouvrait l'école de Dijon . déjà des pourparlers étaient engagés pour obtenir des Frères à Marseille '.

La ville de Marseille n'avait pas attendu jusqu'alors pour s'occuper de I instruction des pauvres. Trois écoles avaient été fondées pour eux par la charité chrétienne, sur les paroisses de la Major, de Saint-Martin et des Accoules*. Mais il y avait un faubourg, sur la

' Tous les détails concernanl l'école de Marseille sont tirés des procès -verbaux des assemblées du Bureau qui fonda l'école, en 1704. Ces documents, envoyés de Marseille à Moulins, en 1709, se trouvent aux archives du département de l'Allier, série !>. liasse 101 : chez les 1 rères de Marseille, '. rue d'Hozier : Historique de notre maison des ntines, depuis sa fondation à nos jours. Nous suivons la copia conservée à la maison mère de Paris.— - D'après le Dessein pour ïéta* blissement des écoles publiques de la paroisse Saint-Laurent <!<■ Mirseille. Archives de l'Allier.

Page 1