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IDEE GENERALE DES FONDATIONS

séminaire, ou bien ils l'ont vu à l'œuvre sur la paroisse. Bes premières écoles sont du reste sa meilleure réclame; la transformation qu'elles opèrent dans les enfants l'ail l'admiration de Paris et de toutes les provinces.

On écrit donc à M. de la Salle, el on le prie- d'envoyer des Frères. La modicité de la rente n'arrête jamais le fondateur : il s'inquiète surtout du sort moral de ses Frères; il les veut assez nombreux pour qu'ils se soutiennent par leurs mutuels exemples : il n'en accorde deux qu'avec regret, un seul jamais.

Va-t-il laisser sans maîtres les villages, oii les enfants, peu nombreux, n'ont besoin que d'un maître unique, où les paroissiens, trop peu fortunés, peuvenl avec peine se cotiser pour nourrir un homme? Non, pour ces villa, il formera des maîtres laïques dans son séminaire des maîtres de campagne. Telle est, en raccourci, toute l'histoire de la fondation des écoles populaires.

Si saint et si appliqué à Dieu qu'il soit, Jean-Baptiste de la Salle n'en est pas moins un homme pratique et un puissant organisateur. Il tient tous les Frères par les lils d'une correspondance incessante; il veille sur toutes ses fondations par lui-même et par ses visiteurs. Comme il doit déléguer en chaque école son autorité, il se préoccupe du choix des directeurs : il établit des jeûnes el des prières pour obtenir de Dieu des directeurs qui soient d'une régularité exemplaire, d'un jugement sûr el d'une vertu éprouvée, qui aient le véritable esprit de l'Institut.

Il avait depuis plusieurs années le dessein de visiter lui-même les écoles du Midi; elles étaient assez nombreuses, désormais, pour légitimer une longue absence. Ce n'est pas qu'il ne fût au eouranl de tout ce qui s'y passait; car tous les Frères lui écrivaient régulièrement et lui rendaient un compte exact de leur conduite. Mais il craignait que leur isolement et le conctactdes huguenots ne finissent par attiédir leur ferveur religieuse et leur zèle apostolique. Le testament de l'abbé de Saint-Jean

en faveur de l'école de? Vans, le détermina à entreprendre ce lointain voyage i .

Il quitta Paris le II février 1711 2, et n'y revint que vers la fin de septembre 3. De cette première visite dans le Midi nous savons peu de chose; l'itinéraire même nous échappe''. « Il arriva sans être annoncé, et surprit agréablement les Frères 5. » Les évêques des villes qu'il traversa le. reçurent avec distinction. Déjà son nom était connu et vénéré; aussi ful-il accueilli partout comme un envoyé de Dieu. Mais comme il n'était point allé chercher des honneurs, il aimait à s'enfermer avec ses Frères et à vivre caché près d'eux dans la solitude. Dans chaque résidence, i! procura à ses chers disciples le bienfait de la retraite. Durant cette récollection de huit jours, il n'étudiait pas seulement les besoins intimes de leurs âmes, mais aussi les habitudes du pays pour y adapter les méthodes d'instruction, les préjugés et les défauts des populations pour y porter remède.

Sa présence est signalée à Avignon le lundi 27 juillet0. Il y passa la semaine entière, faisant la retraite, sans doute, avec les Frères. Son influence, près des notables de la ville, dut être d'un grand poids pour amener à une bonne issue un procès qui venait d'être intenté à ses disciples. Dans Avignon comme à Paris, à Chartres et à Rouen, le succès <.\e^ Frères avait alarmé les maîtres écrivains. Depuis le nouvel établissement fait par M. de Châteaublanc , ils avaient . disaient-ils, « le chagrin et le malheur de voir- leurs écoles désertes. » Ils se plaignaient que les Frères, venus pour instruire les pauvres, reçussenl tous les enfants indistinctement. La gratuité des nouvelles

1 On sait qu'alors les voyages étaient fort longs et très fatigants : il fallait au moins \i<\>- semaine pour aller de Paris à Avignon. ■ — '-' Blain, t. Il, p. 76. — :| D'après une note écrite par le frère Claude sur ut» ancien registre d'Avignon. — ' Bi un en dil à peine un mol , I. II. p. 76, ri Maillefer, p. 216, se trompe même sur la date. — 5 Mailli p. 210. — " D'après la note du l'ivre Claude.

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