‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 223 sur 320 · ARRIVÉE A MARSEILLE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A MARSEILLE

C'est ce que M. de la Salle expliqua à l'évêque d'Uzès, et le pieux prélat, frappé de ses raisons, le laissa maître de faire aux Vans les changements qu'il méditait. Le frère René recul une autre obédience, e1 le frère Henri le remplaça '. D'ailleurs, le dissentiment lui si peu grave, que M. de la Salle quitta LTzès comblé des hontes de L'évêque.

D'Uzès il se rendit à Marseille, où il était impatiemment désiré.

m. de la salle \ marseille. accueil bienveillant.

projets d'écoles. — - fondation d'un noviciat. —

une tkrriri.k persécution soulevé) contre iii. son dessein

d'alleb a rome. — h. quittf marseille, humilié et décourage

M. de la Salle n était pas un inconnu à Marseille. Depuis 1706, on avait eu le loisir d'apprécier son œuvre par les Frères qui enseignaient à l'école de Saint-Laurent. Lu 171 I. il s'était montré en personne, et. en quelques semaines, il avait gagné toutes les sympathies. Il avait dû quitter Marseille au moment où l'évêque et le clergé allaient lui proposer (\c> œuvres nouvelles. Aussi n'est-il pas surprenant que, revenu dan- le Midi en 1712. il eût été sollicité, par letlres.de condescendre aux vœux qui le rappelaient en Provence. Il dut y arriver dans les derniers jours du mois de juillet.

Il fut très entouré dan- les commencements. Les

1 Le frère Henri y resta jusqu'en 1713-, car le 21 aoûl il signa une quittance; au 22 janvier 1714, il était remplacé par le frère Ildefonse, dont la signature est au bas d'une quittance. (Comptes aminci-- des conseils de la ville des Vans, de 1710 a 17ns. Documents communiqués par L'abbé Canaud.

ecclésiastiques les plus fervents de la ville voulurent s'entretenir avec lui; ils l'invitèrent même à des conférences qu'ils tenaient fréquemment entre eux. Pour (''tendre sou œuvre, ils lui offrirent les écoles charitables des diverses paroisses. C'était aller au-devant de ses désirs; car. dès l'année 1706, lorsqu'il envoya des Frères à l'école du quartier Saint- Laurent, il avait exprimé l'espérance de tenir un jour toutes les écoles de la ville. L'évêque, Xavier de Belsunce4, qui devint si célèbre à l'occasion de la peste de 1720. ne demandait qu'à seconder ces desseins; il recevait volontiers le serviteur de Dieu, et lui témoignait, ainsi qu'aux Frères, la plus sincère bienveillance.

Mais à ces écoles il fallait préparer des maîtres, et M. de la Salle n'en avait pas. Il fallait surtout des maîtres lires (\i\ pays lui-même, afin qu'ils lussent au courant du langage et des habitudes de la Provence. C'est pourquoi la nécessité de créer un noviciat s'imposa. M.- de la Salle s'en explique dans une lettre écrite alors au frère ( rabriel Drolin - :

« J'avais souhaitté vous aller voir, cl jetais prest d'y

aller avec un nommé M. Ricordeau i! y a un mois.

Mais il me survint dans ce tems une affaire icv qui retarda ce voyage, parce qu'elle était pressée; elle n'est p;ts cependant réussie. 11 me sera difficile de vous envoyer un Frère que je n'aye commencé un noviciat dans ce pays-ci, que j'y vay commencer incessamment, parce qu'on y veut i\v> gens du pays, à cause de la différence qu'il y ;i de la langue d'avec celle de France. "

L'embarras du serviteur de Dieu ne l'ut pas de grande durée. Les ecclésiastiques qui lui avaient lait un -i chaleureux accueil se mirent en devoir de presser la fondation du noviciat. Ce (pu lui avait coûté tant de

' Ce prélat, né * *n Périgord l'an 1671, était évêque de Marseille depuis I70!>. — - Cri te lettre, non datée, ne peut être que du mois d'août ou de septembre 1712. Lettres, série C, n° it>.

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