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NOVICIAT DE MARSEILLE

peines à Reims, à Paris el à Rouen, se fil à Marseille comme par enchantement. Presque tous les curés de la ville voulurenl contribuer à l'établissement : les uns donnèrent les premiers fonds, les autres garantirent des assurances pour l'avenir; les laïques eux-mêmes subirenl l'entraînement. M. de Belsunce montrait le plus de zèle : non coulent de concourir à l'œuvre par ses deniers, il donna à M. de la Salle une grande marque d'estime en lui accordant, pour loul son diocèse, les pouvoirs les plus étendus. Sans larder, une maison commode fut louée dans un quartier tranquille; elle fut aussitôt meublée. Les protecteurs du Sain! se mirent en campagne pour recruter des novices; en peu de temps, le nombre des postulants dépassa l'attente du serviteur de Dieu 1.

Cet étrange succès, si nouveau qu'il fût pour lui, ne le déconcerta point. Ayant béni la Providence du secours inespéré qu'elle lui envoyait, il s'appliqua lui-même à établir solidement dans ces jeunes âmes le royaume de Dieu. Pour les former plus à loisir, il s'enferma, avec ses chers novices, dans une sorte de désert. A l'abri des vanités et i\t^ illusions du monde, il leur révélait les secrets de la perfection religieuse, les nourrissait de sa parole et les animait par ses exemples.

Il interrompit alors presque entièrement sa correspondance avec les Frères, surtout avec ceux (\u Nord. Celle suspension de tout commerce lui semblait utile aux Frères et à l'Institut; car, pensait-il, la tempête soulevée à l'occasion dv> affaires de Paris n'ai teindrait que lui seul, el sa chère œuvre des écoles n'en souffrirai! pas. D'ailleurs, depuis qu'il avait reçu communication des sentences si injurieuses du procès Clément, il avait i\c> doutes sur l'attachement des frères de Paris; s ils l'avaient toujours reconnu comme supérieur, lui

1 Bi.ain, l. II, p. 84. Maillefer, p. 25o.

auraient-ils transmis ces pièces sans protestations de dévouement? En tout cas, ils étaient sons la direction d'un homme prudent, le frère Barthélémy, qui avait reçu mission de veiller sur eux1.

Malgré celle extrême réserve, il avait toujours les yeux sur son Institut. Il écrivait encore, du moins de Lemps en temps, au directeur de Saint -Ion2 et au frère Joseph3, visiteur des écoles du Nord : par eux, il continuait d'infuser dans son œuvre l'esprit de Dieu. Aux Frères du Midi il prodiguail ses soins ordinaires. A tour de rôle, il les taisait venir dans sa solitude de Marseille et renouvelait leurs âmes par de ferventes retraites. Les Frères du faubourg Saint -Laurent bénéficiaient principalement de sa présence; car il les faisait venir tous les jours au noviciat, afin qu'ils prissent part aux exercices qui s'y praliq liaient . Cette assiduité, qui aurait dû accroître leur ferveur, devint pour eux. nous le dirons bientôt, une cause de mécontentement et une fâcheuse occasion de révolte

De tous ses disciples, celui que sa sollicitude n'abandonne aucun instant, c'est le frère Gabriel Drolin . à Rome. Il lui écrit fréquemment :

« J'ai fait réponse à toutes vos lettres depuis que je suis en ce pays-cv. » lui dit-il le 16 décembre 1712 5. Il s'inquiète de sa tenue, il souhaite d'aller bientôt le voir ou de lui envoyer un compagnon :

" Je serais bien aise qu'un second servît à vous retirer des fréquentes pratiques avec le monde... Je regarde ce qui est commencé à Home comme quelque chose de conséquence; mais il faut attendre que le noviciat que j'ay commencé îev depuis quatre mois soil bien formé, soit pour vous aller voir, soil pour vous envoyer quel-

1 Blain, I. II. p. Ni>. - -' lliiil.. |>. s:.. — '• Le recueil des lettres en contient qui Furenl écrites au frère Joseph, par exemple celle «lu 6 février I7IÏ. Lettres, série < . . u" 51. — ' Blain , t. II. p. 86. Maillefeh, p. 237. ■ Lettres, série C, n° 60.

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