‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 233 sur 320 · HAPPORTS AVEC SOEUR LOUISE · texte numérisé non relu

HAPPORTS AVEC SOEUR LOUISE

met de Parménie était resté désert, le monastère était tombé en ruines : cependant le souvenir en était demeuré dans la population des villages voisins, et chaque année, à l'Exaltation de la sainte Croix, les pieux fidèles allaient prier encore devant l'autel autrefois dédié à la Vierge1. En 1673, une humble bergère, de mœurs simples el pures, comblée des dons de la grâce, entreprit de relever le sanctuaire de Parménie. Elle s'appelail déjà sœur Louise, et elle avait alors vingt-sept ans. En prianl sur la colline, elle avait entendu une voix intérieure qui lui disait de rendre à la Vierge ce lieu de bénédiction. Au prix de mille fatigues et des plus humiliants rebuts . elle mena à bien cette œuvre que Dieu même semblait lui avoir demandée. Il fut si manifeste que c'était la volonté de Dieu, que, la chapelle une fois rebâtie, les pèlerins accoururent en foule, et que sœur Louise dut construire, près du sanctuaire, deux hôtelleries ou maisons de retraite, pour les pèlerins qui désiraient vivre quelques jours dans cet asile de prière et de paix. Sœur Louise avait acquis une réputation extraordinaire de sainteté et de discernement des esprits : par une faveur singulière du Ciel, elle pénétrait le fond des cœurs et exerçait sur les âmes un prestige souverain qui les gagnait à Dieu.

Elle avait soixante-huit ans. lorsque M. de la Salle arriva à Parménie, au mois de février 1711. Le serviteur de Dieu avait entendu parler de eetle sainte âme. Son voyage à Parménie lui apparaissait comme un repos et une retraite, mais aussi comme une occasion favorable de consulter, sur sa vocation, une âme éclairée îles lumières célestes. C'était l'abbé de Saléon qui dirigeait en personne 1rs retraites de Parménie. Durant les quinze jours qu'il vécut à l'ermitage près de son ami, M. de la Salle s'entretint plusieurs fois avec sœur Louise. Il lui raconta -a vie, lui fit connaître l'Institut et l'œuvre àv^ écoles, lui

1 Cf. Bellanger.

dil commenl il venait d'être chassé de Marseille. e( comment il se croyait plus propre à détruire qu'à édifier. Ne ferait-il pas mieux, dans l'intérêt même de l'Institut, d'achever ses joins dans la solitude, et de ne pense* désormais qu'au saint de son âme?

a Ce n'est pas la volonté de Dieu, répliqua sœur Louise; il ne i'ant point abandonner la famille dont Dieu nous a fait le père. Le travail est votre partage; il faut y persévérer jusqu'à la fin de vos jours, en alliant, comme vous avez commencé, la vie de Madeleine avec celle de Marthe1. »

Le serviteur de Dieu prit cette réponse pour un ordre de Dieu; et, après quinze jours de méditations solilaiivs e1 de pieux colloques avec la sœur, il retourna parmi ses frères. Mais il ne cessa point de consulter celle qu'il regardait, près de lui, comme la messagère du Ciel: il écrivit plusieurs lois pour lui soumettre ses doutes. Lorsque, en avril 1711. il reçut l'ordre de rentrer à Paris au milieu des siens, sœur Louise répondit à ses hésitations: m Vous comprenez Lien, monsieur, qu'il ne suffit pas que vous ave/ t'ait du vieil d'obéissance un des principaux points de votre Institut. Je crois que la meilleur! règle est que vous commenciez vous-même de pratiques ce que vous enseignez aux autres. Il est évident que le Seigneur veut (pie vous retourniez à Paris, et que vous vous y rendiez à vos Frères... Je vous conseille de ue pas hésiter d'accomplir la volonté de Dieu2. » Nous verrons bientôt que notre Saint se mil, sans retard, en demeure de suivre ce sage conseil.

De son côté, Louise aimait à profiter des lumières de M. de la Salle. Elle lavait interrogé sur ses voies spirituelles; elle voulut que sa parole continuât de nourrir son âme. C est pourquoi, bien qu'elle ne sût pas lire . elle se lit donner tous ses ouvrages de piété, et dans la

1 Blain, I. Il, p. 1 0"». — - Citation empruntée à Bellangeu, p. N.'i-Vt.

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