‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 235 sur 320 · LES VERTUS DU FRERE IRENEE · texte numérisé non relu

LES VERTUS DU FRERE IRENEE

chevelure, lui donna l'habit religieux, et lui imposa le nom de frère Irénée.

Il fallait un maître d'école à Avignon; M. de la Salle y envoya frère Irénée, après quinze jours d'épreuve. Si l'essai avait été suffisant pour constater L'éminente vertu du novice, il avait été trop court pour former le maître d'école. Le frère Irénée édifia Avignon par sa sainteté, mais il échoua dans sa classe. Il ne réussit pas mieux, dans la suite, à Paris et à Laon. M. de la Salle l'adjoignit alors au frère Barthélémy comme sous-directeur du noviciat; et lorsque le frère Barthélémy devint supérieur, en 1717, le frère Irénée fut chargé, en litre, de la formation des novices. Dan- les fonctions de maître <\c> novices, de visiteur et d'assistant, qu'il exerça jusqu'à sa mort, en 1747. il se montra le digne héritier de L'esprit religieux du saint fondateur. Il fil revivre ses vertus el ses leçons, et il contribua plus que tout autre à consolider l'œuvre de M. de la Salle.

Les vertus qui brillaient en lui d'un éelat si pur ne s'étaient point établies sans effort. Dans ees luttes intimes contre la sensibilité et le découragement . il avait eu recours fréquemment à son bien-aimé père. M. de la Salle, qui avait pour lui une particulière tendresse, le soutenait de ses conseils. Une de ses lettres nous a élé conservée; nous la citerons en entier, parée (pi d y a toujours des âmes pour qui les paroles du Saint semblenl dites '.

« Quand vous aurez des imaginations mondaines. tâchez, si c'est dans l'école, de vous occuper de ce (pie vous faites; ees pensées sont des plus fines tentations (\n démon. Il faut penser au présent, sans s'embarrasser de l'avenir. Ce dessein de retourner dans le monde pour faire de bonnes œuvres a perdu plusieurs solitaires. Les pénitences sont d'une grande utilité pour se corriger de

1 De la Touk, Vie du frère Irénée, p. 31. Edition Carion.

ses défauts et pour avancer dans la vertu. Dans quelques dispositions que vous soyez, il faut vous efforcer de faire des actes d'acceptation d'être repris et corrigé. Si vous avez quelque peine à les l'aire de cœur, faites-les de bouche. Ne vous gênez pas pour des actes fréquents, ils pourraient nuire à voire santé. Une simple vue de Dieu suffit de temps en temps. Pourquoi appréhendez -vous les jouis de confession? Vous devez, au contraire, les désirer. Abstenez-vous de parler dans l'école; habituezvous à vous servir <\vs signes ordinaires, ce sont nos usages. Lorsque nous nous sentez tenté d'impatience, retenez-vous el n'agissez point que le mouvement ne soil passé. Je suis (oui à vous en Noire-Seigneur. »

Le séjour de Parménie fut donc heureux pour M. de la Salle. Il recouvra la santé près de son ami, l'abbé de Saléon. 11 reçut de sœur Louise des lumières el des consolations qui réconfortèrent son âme. 11 ouvrit les bras à un jeune homme prédestiné, qui devail être une des plus pures gloires de l'Institut. Lorsqu'il descendit de celte montagne sainte, ce fut pour se livrer à de nouveaux combats. A Grenoble même, il va entrer en ligne pour défendre la loi catholique contre les jansénistes.

Un document célèbre, la bulle Unigenitusi, avait pain au mois de septembre 1713. Le but de Clément XI avait été de terminer, par un acte officiel, les malheureusedisputes soulevées autour des Réflexions morales de Quesnel. Au lieu de se soumettre à la parole pontificale. le parti en prit occasion d'exciter l'esprit de révolte. L'évêque de Grenoble, M. de Montmartin, dans un pre* mier mouvement de docilité qu'il rétracta plus lard, publia la Bulle dans le diocèse vers le mois de février 17 I 1.

Cette publication n'avait point été nécessaire à M. de la Salle pour lui commander une attitude; la parole du

1 La bulle condamne cenl une propositions des Réflexions morale» sur le Nouveau Testament, par le Père Quesnel.

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