‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 244 sur 320 · MORT DJ M. DE LA CHETARDYE. ARRIVEE DE M. DE LA SALLE A PARIS · texte numérisé non relu

MORT DJ M. DE LA CHETARDYE. ARRIVEE DE M. DE LA SALLE A PARIS

— HISTOIRK DU CHEVALIER d'aRMESTAI

Pendant que M. de la Salle achevait ses courses apostoliques dans le Midi, la mort de M. de la Chétardye, curé de Sainl-Sulpiee. facilita, sans aucun doute, sou retour.

Déjà nous avons eu l'occasion de mettre en relief la grande vertu de M. de la Chétardye. C'était un <.\v< prêtres \c^ plus éminents du clergé de Paris et de la Compagnie de Saint -Sulpice. Pour ses travaux littéraires, il avait reçu de Clément XI les plus flatteuses approbations. Dans son immense paroisse, son zèle embrassait toutes les âmes, et son inépuisable charité se prodiguait à tous les pauvres. Son grand cœur et sa foi vive ont laissé leur empreinte dans son testament'.

« Je souhaite, dit-il. qu'on me recommande aux prières du saint clergé et de messieurs et daines de la paroisse, les suppliant de se souvenir de moi devant le Seigneur, et les conjurant de me pardonner, si j ai manqué à quelqu'un de mes devoirs à leur égard, ou de ne leur avoir pas donné le bon exemple auquel j étais tenu, ou de ne leur avoir pas été assez utile devant Dieu et devant les hommes... Je déclare n'avoir ni or ni argent qui m appartiennent en propre, car j'ai abandonné le revenu annuel qui m'aurait pu revenir personnellement, pour faire subsister notre Communauté, qui s;m> ce secours

1 Simon m Doncourt, Remarques historiques, t. III. p.- 910. Le testament v est en entier.

sérail tombée, et je ne me suis retenu de toute cette cure ou bénéfice que ce qui m'a été précisément nécessaire pour mon entretien... Pour mes meubles, ils soûl de très petite valeur... Telles sont mes dernières dispositions au sortir de ce monde où je quitte tout sans regret, excepté l'Eglise de Jésus-Christ, fondée sur les mérites et les miséricordes infinies de Dieu. Je ne crains point la mort... Ainsi je m'en vais, mais je reviendrai; je m'endors, mais je me réveillerai; je meurs, mais je ressusciterai; j'emporte celle douce espérance dans mon sein, et j'entre dans le tombeau, attendant la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. »>

« M. le curé de Saint-Sulpice est mort le jour de sainl Pierre dernier, en odeur de sainteté, » écrivit quelques jours après le frère Barthélémy1.

Tel est l'homme dontBlain a fait le persécuteur acharné de M. de la Salle. Il est vrai qu'il évite de le nommer; mais il le cache derrière un voile si transparent, qu'il est impossible de s'y méprendre. Il eût mieux fait . croyons-nous, d'écrire son nom et d'être moins sévère à sa mémoire.

M. de la Chélardve fut toujours plein d'admiration et de zèle pour l'Institut ; il l'entourait même de si vives sympathies, qu'il semblait regretter de n'en avoir pas lui-même posé les fondements. Pendant dix-huit ans. il fut la Providence des Frères et du noviciat; il augmenta le nombre des écoles; il lil ouvrir le pensionnat des Irlandais et provoqua les commencements de l'Ecole dominicale. Il avait pour les Frères une affection toute paternelle, cl pour leur fondateur une religieuse vénéralion. Mais il concevait l'Institut autrement (pie M. de la Salle, cl de celle divergence d'idées surgirent les difficultés que nous avons loyalement exposées-.

1 Lettre du frère Barthélémy à M. Martinot, curé de Mende, 17 juillet 1714. — ' Pour la divergence d'idées, voir p. S26; pour le principal conflit qui en résulta, voir chap. vu.

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