REVISION DES REGLES
§ III
■;K\ ISION DES RÈGLES PAR .RASSEMBLÉ! DES FRÈRES El PAIt M. Dl LA SALLE.
1 •■ RÈGLE DES RÉCRÉATIONS 11 I \ RÈGLE Dl l-RÈRl DIREI MTR. —
La lettre de convocation (1rs Frères uvail assigné deux lins à 1 assemblée : l'élection d'un supérieur général el la révision des Règles de [Institut. C'esl pourquoi, sitôt que l'élection i\u ['vive Barthélémy fui faite, les membres du chapitre procédèrenl à l'examen <le> constitutions et règlements.
Il était- juste que eel examen lui remis aux Frères; car une Règle discutée el acceptée par les représentants de la Soeiélé loul entière s imposerai! avec une plus grande autorité. Chacun i\v> Frères y verrait son ouyrage, car elle aurai! été fixée par ceux-là même qui en avaient vécu. L'expérience qu'on en faisait depuis trente-cinq ans élail d'ailleurs assez longue pour ne laisser place à aucune surprise. Enfin, retouchée sous les yeux et avec la collaboration du fondateur lui-même, la Règle garderait assurément l'esprit qui l'avail inspirée.
M. de la Salle n'assista poinl aux délibérations, afin de laisser aux Frères toute liberté d émettre leurs idées. Toul se passa régulièremenl el surnaturellement, ainsi (pieu témoigne le procès-verbal de l'assemblée, donl voici la teneur ':
« Quant à la rectification des règles et pratiques en usage
1 Minulf <lc M' Saladon, aux Archives des Frères. D'après ce procèsverbal, il semblerait que les Frères donnèrenl eux-mêmes la forme définitive à leur Règle; mais l'affirmation de Ri vin, qui était alors leur supérieur séculier, esl si formelle, que les Frères abandonnèrent certainemenl leurs observations à la discrétion de M. de la Salle.
dans touttes les maisons de nostre societté. nous protestons v avoir observé les formalité/, qui se peuvent exiger de nous. tant par prières et œuvres pieuses, que par une renonciation entière à nostre propre sens, et n'y avoir rien décidé qu'avec beaucoup de réflexion et qu'après plusieurs deùes considérations, conférences et délibérations, et par le plus grand nombre des sufrages, le tout pour le plus grand bien de nostre Societté, en fov de quoi nous avons signé. i>
Si 1 On en croil les deux biographes Blain et Maillefer, [v< observations recueillies dans I assemblée (\v^ Frères furent remises au fondateur, afin qu'il les revît luimême el en fît ce qu'il jugerail à propos. Il v travailla, en effet, avec beaucoup «le soin. Plusieurs parties l'uivnl ajoutées à la rédaction antérieure de la Règle, particulièrement ee «pu concerne la modestie, le gouvernement et la régularité : pour ces additions, M. de la Salle s'inspira largement des constitutions de la Compagnie de Jésus4. Lorsqu'elle eut été achevée, « par la main même de son auteur, la Règle lui envoyée dans huiles les maisons, paraphée el signée du frère Barthélémy, pour être observée avec uniformité par tous les Frères de l'Institut2. »
Il y avait, dans ces Constitutions, deux points (pie le fondateur jugeait d'une importance capitale : le chapitre des récréations et le chapitre du Frère directeur.
Dans les premiers temps de l'Institut, M. de la Salle. <pn regardait le silence connue le plus sûr gardien de la ferveur dans les communautés, n avait poinl établi de récréations : les repas n'étaient suivis (pie d une conférence de pieté, dont le sujet elail ordinairement tiré de
1 Depuis 1715, l'influence des RR. PP. Jésuites était assez grande chez les Frères; la communauté d'idées au sujel «le la bulle Unigenitus (lui être pour une pari importante dans ce rapprochement. An>si u'estil pas étonnant qu'en 1717 une partie des règles de la Compagnie 'I'' Jésus ;iH passé dans l'institul «le-- Frères. — - Blain, t. II. |>. 136, Maillefer, p. ~~x. L'envoi se lit eu 1718. On conserve, aux Archives des Frères, l'exemplaire qui Fui envoyé :i Troyes