‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 26 sur 320 · ENFANCE S · texte numérisé non relu

ENFANCE S

Perrcltc Lespagnol, il l'emmena à l'écart et la supplia de lui lire la Vie des Saints1. C'est pourquoi Elie Maillefer. son neveu et son biographe, l'a peint au vif lorsqu'il dit qu'on « remarqua dans son enfance un naturel porté à la vertu, qu'il se plut de bonne heure aux < cices sérieux . à la prière et à la lecture des bons livres 2 ».

Pour sérieuse qu'elle fût, sa vertu n'était point maussade. « Dans la pratique de ses dévotions, il ne faisait rien voir qui ressentît l'affectation; car il était gay sans être évaporé, dévot sans grimace3. »

Une aine si bien douée était assurément facile à cultiver. Cependant M. de la Salle ne voulut point abandonner à la mère toute l'éducation de son fils; il s'appliqua lui-même à le former et le garda « sous ses yeux, jusqu'à ce qu'il eût atteint l'âge k de commencer ses études4. » Il se faisait un plaisir de le conduire lui-même à L'office divin, et il fut sans doute son premier instituteur.

L'instruction primaire existait assurément déjà. Les petites écoles étaient nombreuses à Reims et même dans La campagne environnante. Elles étaient très fréquentées, puisque, vers cette époque, plus de la moitié des jeune- hommes savaient signer leur acte de mariage 5. Très suivies par les enfants du peuple, elles l'étaient aussi par les enfants de riche condition. Ainsi Nicolas Roland, qui était à peu près de même rang que Jean- Baptiste de la Salle, alla très jeune aux petites écoles0.

Aucun document ne nous fait supposer que Jean-Baptiste y fut envoyé. Ses biographes insinuent plutôt qu'il reçut à la maison paternelle la première initiation aux

1 Blain. p. 118. Ravelet, p. 15. — - Élie Maillefei;. p. 1. — " F Bernard, p. 1:2. — ' Élie Maillefer, p. 2. — 5 Maggiolo, dans 1»' Dictionnaire de pédagogie, art. Champagne. En 1686, sur 100 jeunes qui contractaient mariage dans le département actuel de la .Manu1. h\ savaient signer. — '' Hannesse, Vie de Nicolas Roland, p. '•'.

études. Son père « le forma sous ses yeux », dit Mail- Lefer*. Mais ce digne magistral, occupé aux affaires de la justice, ne pouvait donner chaque jour qu'un petit nombre d'heures à l'éducation de ses enfants. 11 recourut au dévouement d'un précepteur2. Du reste sa maison, peuplée d'enfants par la bénédiction divine, fut bientôt à elle seule une école capable d'absorber tous les soins d'un maître. Jean-Baptiste « se portait volontiers à tout ce qu'un précepteur fidèle et vertueux lui prescrivait, et il ne fut pas. longtemps sans acquérir les connaissances nécessaires pour aller dans un collège3 ».

Pour donner à son fils une éducation libérale plus complète, M. de la Salle ne voulut pas qu'il restât étranger aux beaux-arts. Passionné pour le beau musical, il essaya de faire partager à Jean-Baptiste son goût pour la musique. Mais, soit manque d'aptitudes artistiques, soit éloignement pour tous les plaisirs qu'il estimait profanes, l'enfant ne répondit pas aux efforts de son père1. Autan! il aimait les chants d'église, autant il avait d'aversion pour \v< chants du monde. Cette austérité, qu'il garda durant toute sa vie, procédait tout à la fois d'une disposition de nature et de l'esprit de mortification chrétienne.

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