‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 277 sur 320 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

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Jean-Baptiste de la Salle ne descendait poinl tout entier dans la tombe. Sous la pierre de la chapelle Sainte -Susanne, on n'enferma que les fragiles débris de sa dépouille mortelle; encore devait-on bientôt les recueillir avec respect, pour leur décerner un jour les honneurs du culte. Son âme était allée, dans le sein de Dieu, recevoir la récompense de ses longs travaux, el continuer, par l'activité de l'intercession, l'œuvre à laquelle il avait si généreusement voué sa vie. Mais quelque chose de lui restait sur la terre, qui survivait à la rupture de son être individuel : c'était une vie issue de sa propre vie, une vie collective, toute débordante de son esprit, qui allait demeurer à travers l'histoire comme le témoin glorieux de son existence et l'indéfini prolongement de son influence.

C'est qu'il en est des initiateurs d'œuvres comme des semences confiées à la terre. Vous jetez dans le sol une semence féconde; par une mystérieuse germination, elle produit, en périssant, une plante vivace dont les branches fières portent des fleurs el des fruits. De la semence. rien ne reste, que des débris méprisables; mais de son cœur est né cet arbre vigoureux qui affirme et épanouit au grand jour la vie qu'elle tenait cachée. Ainsi en va-t-il des hommes à vie puissante et condensée. Ils semblent ne garder qu'un instant leur personnalité; La persécution les broie, la mort disperse leurs restes; mais quelque chose a germé de leur sein, une œuvre, une famille, qui a pris el retenu le meilleur de leur vie, qui soutient leurs idées el perpétue leur action sociale dans le temps et dans l'espace.

La mort de noire Saint marquait donc le début d'une existence nouvelle. Il ne disparaissait pas (\\\ monde el de l'histoire; il y entrait seulement sous uni' autre forme. Nous avons dit les travaux et les infirmités de sa première vie; pour achever noire lâche, nous devrions raconter les influences sociales et les gloires de sa vie posthume. Quelque séduisant que soil l'épanouissement progressif d'une vie dont l'inépuisable activité croît tous les jours, nous n'en donnerons qu'un rapide tableau. Nous le verrons vivant dans sa famille religieuse, y gardant les fortes vertus de la fondation, y multipliant à l'infini ses chères écoles gratuites, 3 inspirant des œuvres sans nombre, toujours adaptées aux besoins des généralions qui se succèdent. Nous le verrons répandant sa vie hors de l'Institut, provoquant, par une noble émulation, des œuvres semblables à la sienne, et gouvernant, par ses méthodes fécondes, jusqu'à l'enseignement public. Il nous apparaîtra enfin dans la gloire, béni par tous les peuple-. puis couronné des mains mêmes de La sainte Église.

Sou successeur était bien l'ail pour convaincre (pie le fondateur animait toujours l'Institut, lui effet, le frère

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