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LE FRÈRE CLAUDE ET LE FRÈRE FLORENCE

faire approuver, par le Chapitre général de lT.'il . les huit pensionnats4 rive- depuis la mort du fondateur. L'assemblée permit même au supérieur général d'en ouvrir d'autres, selon que les circonstances le demanderaient cl qu'il le jugerait à propoe

Aucun événement saillanl ne marqua le gouvernement du frère Claude. Quatorze nouvelle- écoles furent fondées ^ A Montauban, un immeuble futacquis,en I7(*><). pour un noviciat destiné au recrutement dans le sudouest; d'après le registre des entrées, ce noviciat fut peu prospère, car il ne recul que neuf novice- de 1771 à 1778*. Une institution plus neuve avait été inaugurée à Montauban. Le chanoine Bertrand de Latour, bienfaiteur de l'école, y forma à ses frais une bibliothèque scolaire, dont les livres devaient être prêtés gratuitement au public: ce généreux initiateur assura une subvention annuelle au Frère chargé de tenir en ordre la bibliothèque et d'inscrire sur un registre les sorties et les rentrées des livres mis en circulation5.

Ces tendances pratiques s'accusaient de plus en plus chez les Frères. Les cours de dessin, commencés à Paris par le fondateur lui-même, se développèrent dans le sens professionnel. Lorsque, en 1753, la marquise de Las assigna une pension au Frère chargé d'enseigner le dessin, elle mil pour condition que les enfants seraient eonduits, dans cet art, à un degré de perfection tel, qu'ils hissent en état d'embrasser avec succès les diverses professions qui réclament d'habiles dessinateurs6. A Cherbourg, les Frère- livrèrent aux enfants leur jardin, afin

1 Ces huit pensionnats étaient: Angers, Maréville, Marseille, Mirepoix, Die, Montpellier, Saint-Omer, Montargis. — - Cf. Annales, t. II. p. 210. — 3 Ces écoles lurent foudres à Vannes, Condrieu, Saint-Dié, Bordeaux, Périgueux, Toulon, Amiens, Cahors, Sedan, Charleville, Nîmes, Montréal (Aude), deux nouvelles écoles à Avignon. — ; D'après l'Extrait d'un ancien registre de Saint - Yon , m>. Archives des Fn — 5 Annales, t. II. p. 189. — " Ibid., p. 270

de leur apprendre à diriger la culture; n'était-ce pas un essai d'école agronomique1?

Le frère Florence2, élu supérieur le 18 mai 17(57, ne gouverna l'Institut cpie dix ans. Sous son gouvernement. treize nouveaux établissements furent fondés3. Ses principaux actes portèrent sur l'organisation même de l'Institut.

Pour éviter dv* contestations relatives à l'administration de l'Institut, il parut nécessaire de transporter le centre à Paris. Cette translation, qui eut lieu au mois de mars 1771. était d'autant plus légitime que l'Institut, approuvé comme corps indépendant par l'Église et par l'Etat, avait droit à une complète autonomie4. A peine arrivé à Paris, le frère Florence appela près de lui neuf des principaux Frères, pour aviser aux moyens de simplifier le gouvernement de l'Institut. Depuis que les établissements s'étaient multipliés, les affaires, devenues plus nombreuses, étaient pour le Régime une charge accablante. Pour en faciliter l'expédition, on divisa l'Institut en trois provinces : la province occidentale, ayant Paris pour centre; la province méridionale, dont Avignon fut le siège: la province orientale, dont la maison principale fut à Maréville. Mais celle distinction de provinces n'introduisit entre elles aucunes différences : « Les règles cl les usages seront les mêmes . dit le frère Florence ; ils -iront maintenus et observés, dans leur intégrité, par toutes les communautés de l'Institut5. » Le frère Exupère écrivait de son côté : « Partout nous portons notre règle, notre méthode ei nos procédés; car si nous sommes en

1 Annales, t. II. p. 270. — - Jean Boubel, dit frère Florence, était né aux environs de Metz, le 31 janvier IT2:i. — '(les établissements lurent faits ;'i Damery, Sainte - Menehould , Morhange, Compiègne, Douai, Bapaume , Carentan, Lisieux, Castres, Aiguës- Mortes, Chalabre, Pont- Saint- Esprit, Fort-Royal de la Martinique. — '' Il paraîl que M, Maresçot, vicaire général de Rouen, tendait à renouveler les difficultés qu'avail suscitées à Paris M. de la Chétardye. — 5 Cilé d'après les Annales, I. II . p. 345.

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possession des ossements de noire vénérable fondateur, et si nous les conservons précieusement . nous conservons encore pins son esprit '. »

Approuvé et admis à posséder dans le ressort du parlement de Rouen, l'Institut éprouvait ailleurs de graves difficultés au point de vue du temporel. Par une faveur insigne et toute spontanée, Louis XVI mit les frères au large, lorsque, le 3 mars 1777, il leur donna l'approbation officielle pour le ressort du parlement de Paris. Ce fut un conflit survenu à Angers qui provoqua celle décision. Le pensionnai d'Angers contenait dans un même enclos les élèves libres et les pensionnai les de force. Celte promiscuité parut au directeur, le frère Agathon, incompatible avec la bonne éducation des enfants. Ne pouvant séparer les élèves, le frère Agathon persuada au supérieur qu'il valait mieux supprimer le pensionnai. Mais celte résolution ne fut pas du goût de l'évêque, et le gouvernement proposa lui-même aux Frères de transférer, plutôt que de le fermer, un établissement si utile2. Ce fui pour leur permettre d'acquérir la Rossignolerie. propriété offerte par l'évêque d'Angers, et pour leur manifester la haute bienveillance dont il les entourait, que le roi leur fil délivrer les lettres patentes dont nous venons de parler3.

Une autre marque de protection leur fui donnée lorsque, le 28 avril 1777, le roi repoussa les démarches faites par l'archevêque de Rouen pour obliger les Frères de ramener à Saint -Yon le centre de leur Institut '. En conséquence, le supérieur convoqua à Reims le Chapitre général de 1777. L'acte le plus important de rassemblée fut l'élection du frère Agathon.

Elu le 10 août 1777, le frère Agathon 5 gouverna l'Ins-

1 Cité d'après les Annales, l. 11. p. 343. — 2 D'après les Annales, t. II, p. 396. — :! Le texte en est intégralement cité dans les Annales, p. tO 1 - 404. — '' Le ministre, Bertin, répondit que les raisons données par le supérieur général pour ne pas rester attaché à une même ville lui avaient paru suffisantes et sans réplique. — 'Joseph Gonlieu, dit

titut vingt ans. jusque parmi les troubles de la Révolulion; il parut préparé par la Providence pour achever l'œuvre de Jean-Baptiste de la Salle et la soutenir durant les jours mauvais. Le frère Agathon avait l'intelligence pénétrante, une large envergure dans les conceptions, avec nu lalen! également remarquable pour renseignement et pour l'administration; doué d'une volonté forte, ami de la discipline, sagemenl entreprenant el d'une invincible fidélité à poursuivre ses desseins, il sanctionna, dans l'Institut, cent années d'expérience par une législation définitive. Ce que M. Emery était, à la même époque, pour la Compagnie de Saint -Sulpice, le frère Agathon le fut pour les Frères dv^ Ecoles chrétiennes.

Il présida ces séances du Chapitre général où furent rédigés les quatre-vingt-treize articles qui, sans rien innover, fixaient les coutumes introduites par la nécessité ou préparaient de nouveaux progrès. Ses circulaires, écrites avec fermeté, et ses visites, dirigées avec prudence et précision, procurèrent l'accomplissement des arrêtés du Chapitre. Sa sollicitude embrassa tout à la l'ois l'organisation intérieure de l'Institut et les intérêts de l'enseignement.

Le texte dv> Règles communes l'ut revu de près, celui des Règles du gouvernement reçut la forme qu'il a gardée depuis. Par un rescrit de janvier 1787, Pie VI confirma les usages adoptés dans l'Institut pour la tenue i\v< assemblées générales el pour l'élection du supérieur; outre les assistants, on convoquait quinze directeurs des maisons principales et quinze frères avant plus de quinze ans de profession.

Pour assurer au Régime plus de calme et de liberté, le

frère A.gathon, était né à Longueval, près de Noyon, le i avril 1731, Entré le 20 octobre I T i T au noviciat, il avait professé Les mathématiques à Brest, l'hydrographie à Vannes; à Saint-Yon, il avait dirigé les premières classes, el rempli les fonctions de préfet cl de directeur; à la (in. il était directeur du pensionnat d'Angers.

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